Après les syndicats mardi, l’exécutif enchaîne ce jeudi 22 octobre une série de rendez-vous censés tirer les leçons des violences et des pillages du week-end des 17 et 18 octobre, et préparer la nouvelle journée de mobilisation annoncée pour samedi 24 octobre.
10 heures : conseil de sécurité à l’Élysée
Rentré mercredi de sa tournée dans le Golfe, Emmanuel Macron préside à partir de 10 heures un conseil de sécurité en présence du Premier ministre et des services de renseignement. Selon l’Élysée, cité par franceinfo, la réunion doit faire le point sur les dispositifs de renseignement, d’anticipation et de sécurisation des prochaines semaines, « tout en revenant sur les dysfonctionnements » qui ont conduit aux événements du week-end. Les services sont accusés par une partie de la classe politique d’avoir sous-estimé la mobilisation.
Début d’après-midi : les partis à Matignon
Sébastien Lecornu reçoit ensuite les représentants des partis, entouré de Laurent Nuñez (Intérieur), de Gérald Darmanin (Justice) et de responsables du renseignement et des forces de l’ordre, selon l’AFP. Dans sa lettre d’invitation, le Premier ministre a promis la transparence sur le déroulement du 17 octobre, y compris sur les difficultés rencontrées.
Tous les partis invités devraient être représentés, mais plusieurs ont dénoncé une « convocation » et certains dirigeants ne feront pas le déplacement :
- RN : ni Marine Le Pen ni Jordan Bardella ne seront présents ;
- Horizons sera représenté par Christophe Béchu et le MoDem par Marc Fesneau, et non par François Bayrou ;
- Les Écologistes viendront avec Marine Tondelier, Cyrielle Chatelain et Mélanie Vogel, pour exprimer leurs désaccords ;
- Raphaël Glucksmann sera présent pour défendre ses propositions ;
- LFI sera représentée par Manuel Bompard, qui veut porter la fin de Parcoursup, les 10 milliards d’euros réclamés par les organisations lycéennes et étudiantes, le blocage des prix des carburants et la hausse du smic.
Le climat reste tendu entre le gouvernement et La France insoumise, que Sébastien Lecornu accuse d’avoir attisé la colère, ce que le mouvement conteste.
Dans la foulée : Paris, Lyon et Marseille
Le Premier ministre doit enfin recevoir jeudi après-midi Emmanuel Grégoire (Paris), Grégory Doucet (Lyon) et Benoît Payan (Marseille). Les trois maires avaient eux-mêmes demandé ce rendez-vous dès dimanche, en réclamant un diagnostic précis de l’enchaînement des événements. Ils attendent des garanties pour samedi, alors que 2 000 à 3 000 commerces ont été pillés ou dégradés le week-end dernier selon l’AFP.
Ce qui a changé depuis mardi
Mardi, les syndicats étaient ressortis de Matignon sans aucune mesure, comme nous le racontions dans notre article sur cette réunion. Depuis, le bilan judiciaire s’est alourdi : 174 personnes ont été incarcérées, a indiqué Gérald Darmanin, et le Défenseur des droits fait état de 46 saisines depuis le début du mouvement lycéen. Le gouvernement a promis pour samedi un dispositif massif, avec des blindés et les unités d’élite GIGN, BRI et Raid. Nous mettrons cet article à jour après les annonces de la journée.
Sources : franceinfo (communiqué de l’Élysée), Sud Ouest avec AFP, franceinfo.
