Deux femmes européennes enlevées au Niger en 2025, une Autrichienne de 76 ans et une Suissesse de 69 ans, ont été libérées et sont arrivées à Benghazi, dans l’est de la Libye. L’annonce a été faite dans la nuit de mercredi 21 à jeudi 22 octobre par la chaîne libyenne al-Masar, proche du clan Haftar, qui contrôle cette partie du pays.
Une libération attribuée à Saddam Haftar
Selon al-Masar, la libération est due à l’intervention de Saddam Haftar, fils du maréchal Khalifa Haftar et commandant en chef adjoint de l’Armée nationale libyenne, « en réponse aux appels de leurs familles ». Jeune Afrique précise que les deux femmes ont embarqué mercredi vers 14 h 30 (heure de Paris) à Sebha, dans le sud libyen, à bord d’un avion affrété par cette armée, avant d’atterrir à Benghazi.
Dans une vidéo diffusée par la chaîne, les deux femmes, visiblement fatiguées, s’expriment en français, assises sous un portrait du maréchal Haftar. L’une évoque un an et neuf mois de captivité, l’autre un an et demi. Elles remercient le maréchal et son fils. Selon Jeune Afrique, elles étaient détenues par l’État islamique au Sahel (EIS).
Deux enlèvements à trois mois d’intervalle
Les deux enlèvements avaient eu lieu à Agadez, grande ville du nord du Niger, porte du Sahara :
- en janvier 2025, l’Autrichienne, installée de longue date dans la région, avait été enlevée par des hommes armés ;
- le 13 avril 2025, la Suissesse, qui vivait au Niger depuis une quinzaine d’années, avait été enlevée à son domicile, selon la presse suisse.
Ces rapts sont intervenus dans un contexte sécuritaire dégradé : depuis le coup d’État de juillet 2023 et le départ des troupes occidentales, le Niger, comme ses voisins du Sahel, fait face à des groupes armés liés à al-Qaïda ou à l’État islamique. Le Burkina Faso voisin vient d’ailleurs de rétablir la peine de mort pour terrorisme.
Une première annonce, déjà, en septembre
Ce dénouement intervient après une fausse joie. Le 12 septembre 2026, un compte spécialisé sur le Sahel, citant Saddam Haftar, avait déjà affirmé que les deux femmes étaient libres, et une agence allemande avait relayé l’information. Berne disait alors procéder à des vérifications, Vienne évoquait des nouvelles encourageantes, sans confirmation. Cette fois, les deux femmes apparaissent à l’image. Le ministère suisse des Affaires étrangères n’avait pas encore commenté jeudi matin ; selon la RTS, la Suisse avait envoyé ces derniers mois des agents de sa police fédérale au Niger pour faire avancer les négociations.
Haftar, médiateur au Sahel
La Libye reste divisée depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011 entre un gouvernement reconnu par l’ONU à Tripoli et le pouvoir du clan Haftar dans l’Est. Pour Jeune Afrique, cette médiation permet à Saddam Haftar d’asseoir son influence politique au Sahel. Les conditions exactes de la libération, et l’éventuelle contrepartie, n’ont pas été rendues publiques. Une autre libération d’otage obtenue par la diplomatie a marqué la semaine : celle de l’Américain Stephen Hubbard en Russie.
Sources : al-Masar (via AFP), Jeune Afrique, 20 Minuten, Watson/ATS, RTS.






