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Fusillade à Trappes et La Verrière : un mort, quatre blessés, le parquet national antiterroriste saisi

Hôtel de ville de Trappes, dans les Yvelines
Photo : ℍenry Salomé / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0

Une matinée de terreur dans les Yvelines. Vendredi 23 octobre 2026, vers 10 h 30, un homme a tiré en rafales depuis sa voiture sur des personnes croisées sur son chemin à Trappes et à La Verrière, deux communes voisines de Saint-Quentin-en-Yvelines. Le bilan communiqué par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, fait état d’une personne tuée et de quatre blessés graves. La préfecture des Yvelines prévient que ce bilan n’est pas encore stabilisé. Le parquet national antiterroriste (Pnat) s’est saisi de l’enquête en début d’après-midi.

Que s’est-il passé à Trappes et à La Verrière ?

Selon les éléments donnés par Laurent Nuñez lors d’une conférence de presse, les tirs ont eu lieu dans trois zones distinctes : le tireur, au volant de son véhicule, a visé cinq personnes à différents endroits des deux communes. D’après RMC et La Dépêche, les tirs ont notamment eu lieu près d’une maison de santé, d’une station-service et d’un espace de jeux. Parmi les blessés figure une enfant de 12 ans, selon une source proche du dossier citée par franceinfo. Trois blessés étaient en urgence absolue, selon Actu17.

Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a décrit sur BFMTV un homme qui « tirait au hasard et avait envie de faire un carnage ». L’élu a annoncé l’ouverture d’une cellule d’aide psychologique et doit s’exprimer devant l’hôtel de ville à 14 h 30.

Qui est le suspect interpellé ?

Le tireur présumé, un homme de 39 ans, a été arrêté par des policiers de la brigade anticriminalité sur la route nationale 10, à Coignières, peu après les faits, puis placé en garde à vue. D’après une source proche du dossier interrogée par franceinfo, il était connu des services de police, mais pas des services de renseignement. Paris Match et Actu17 rapportent, de source policière, qu’il aurait utilisé un pistolet-mitrailleur de type Sten, une arme conçue pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses motivations ne sont pas connues à ce stade, et l’homme reste présumé innocent tant qu’il n’a pas été jugé.

Pourquoi le parquet antiterroriste est-il saisi ?

Après s’être d’abord placé en observation, comme l’avait annoncé le Premier ministre Sébastien Lecornu sur X, le Pnat a ouvert une enquête de flagrance pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Le communiqué retient une circonstance aggravante lourde : des faits qui auraient été commis en raison de l’appartenance, vraie ou supposée, des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion. L’enquête vise aussi la détention d’une arme de catégorie A et une association de malfaiteurs terroriste en vue de préparer des crimes contre les personnes.

Concrètement, cette qualification signifie que les enquêteurs disposent d’éléments laissant penser à un acte ciblé et idéologique, et non à un simple règlement de comptes. Elle ne préjuge pas de la suite : c’est l’enquête qui dira si le mobile terroriste et raciste est établi. Les investigations sont confiées à la sous-direction antiterroriste (SDAT), aux directions zonales de la police nationale et à la DGSI. En matière terroriste, la garde à vue peut durer jusqu’à 96 heures avant une éventuelle présentation à un juge.

La catégorie A regroupe les armes et matériels de guerre dont la détention est interdite aux particuliers, sauf rares exceptions. La provenance de l’arme sera l’un des premiers points examinés.

Quelles réactions politiques ?

Sébastien Lecornu a parlé de faits très graves et assuré que tous les moyens des forces de sécurité et de la justice étaient mobilisés. Laurent Nuñez, qui présentait au même moment le dispositif de sécurité prévu pour les manifestations du 24 octobre, a retardé sa conférence de presse d’une heure et a annoncé se rendre sur place aussitôt après. Le drame survient à la veille d’une journée de mobilisation sous très haute surveillance, avec 70 000 policiers et gendarmes déployés dans le pays.

Les identités de la victime décédée et des blessés n’ont pas été rendues publiques, et nous ne les publierons pas. Cet article sera complété à mesure que le parquet communiquera.

Sources : communiqué du parquet national antiterroriste, conférence de presse du ministre de l’Intérieur, franceinfo, RMC/BFMTV, La Dépêche (AFP), Paris Match, Actu17, préfecture des Yvelines.

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