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Manifestations du 24 octobre : 70 000 policiers et gendarmes mobilisés, Marseille autorise finalement un cortège syndical

Cordon de CRS place de la Nation à Paris lors d'une manifestation
Photo : Exilexi / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0

Ce matin, la question était de savoir qui aurait le droit de défiler samedi. À la mi-journée, le gouvernement a surtout montré l’ampleur de la riposte prévue. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé vendredi 23 octobre que 70 000 policiers et gendarmes seraient mobilisés sur tout le territoire pour la journée du samedi 24 octobre, une semaine après les violences et les pillages du 17 octobre. Dans le même temps, plusieurs préfectures ont ajusté leurs arrêtés, à commencer par celle des Bouches-du-Rhône, qui a reculé deux fois en quelques heures.

Quel dispositif pour samedi ?

Lors d’une conférence de presse retardée d’une heure en raison de la fusillade de Trappes, le ministre a décrit un dispositif conçu pour être mobile et réactif. Il compte de nombreux hélicoptères à Paris et dans les grandes villes, des blindés Centaure répartis dans tout le pays, des élèves policiers en renfort et des fonctionnaires rappelés de congés. Des cellules seront ouvertes pour traiter rapidement les interpellations sur le plan judiciaire. Évoquant des appels au pillage relayés sur les réseaux sociaux, qu’il attribue notamment à l’ultragauche, Laurent Nuñez a prévenu, selon franceinfo : « On sera absolument intraitables ».

Le ministre a aussi donné deux chiffres sur la semaine écoulée : 500 personnes interpellées par la police judiciaire depuis le 17 octobre et huit enquêtes internes ouvertes sur l’action des forces de l’ordre, la consigne restant la proportionnalité. Selon une note des renseignements territoriaux citée par Le Parisien, 400 000 à 500 000 manifestants sont attendus samedi dans le pays, avec des risques d’atteintes aux bâtiments publics et de pillages opportunistes.

Qu’est-ce qui change à Marseille ?

Jeudi, la préfecture des Bouches-du-Rhône avait interdit toute manifestation dans le département et proposé de suspendre samedi tous les transports en commun de Marseille, ainsi que les liaisons vers Aix et Salon. Vendredi matin, elle a renoncé à cette suspension, faute de consensus, précise-t-elle. Le maire Benoît Payan s’était montré sceptique. Pour 20 Minutes, un tel arrêté aurait probablement été annulé par le tribunal administratif. À la mi-journée, nouveau revirement : une manifestation intersyndicale (CGT, FSU, Solidaires) est autorisée à titre dérogatoire, la seule du département, parce qu’un parcours a été défini et qu’un service d’ordre est prévu. Laurent Nuñez a résumé la doctrine : chaque préfet juge le risque de trouble à l’ordre public, et les décisions peuvent évoluer jusqu’au dernier moment.

Où les cortèges sont-ils interdits ?

À Lyon, l’arrêté publié vendredi précise le périmètre interdit : la Presqu’île, le Vieux-Lyon, le 6e arrondissement et une partie du 3e, autour de la préfecture, du palais de justice et de la gare Part-Dieu. Les centres-villes de Mulhouse, Nancy et Besançon sont également fermés aux manifestations, faute d’organisateur déclaré, tandis qu’à Strasbourg un défilé syndical est autorisé. À Paris, le cortège de la CGT reste prévu entre Bastille et Nation. À Orléans, où le Rassemblement national tient son congrès, 20 000 à 40 000 personnes sont attendues samedi au rassemblement déclaré par la CGT. La cathédrale sera fermée et la manifestation de dimanche reste interdite. Laurent Nuñez s’y rend dans l’après-midi, à la demande de Matignon.

Le Conseil d’État a-t-il tranché ?

Pas encore. Comme nous l’expliquions ce matin à propos des manifestations interdites, l’association Adelico et le Syndicat de la magistrature ont saisi la haute juridiction d’un référé-liberté contre la consigne présidentielle d’interdire les cortèges non syndicaux. Le juge dispose de 48 heures. Emmanuel Macron, qui a présidé un conseil de défense vendredi matin, reçoit les organisations lycéennes à 15 heures.

Les réactions restent tranchées. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, juge la situation très grave pour la liberté de manifester. La France insoumise dénonce une dérive autoritaire. Le président du Medef réclame des mesures bien plus fermes, tout en demandant aux entreprises de ne pas organiser leur propre défense. CCI France, qui a recensé 2 241 commerces vandalisés le 17 octobre, conseille aux commerçants de baisser le rideau. À l’Assemblée, la corapporteure Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) s’est mise en retrait de la commission d’enquête sur ces violences, après l’annonce d’un boycott par le RN.

Sources : conférence de presse du ministre de l’Intérieur, franceinfo, La Nouvelle République, La Croix (AFP), 20 Minutes, Le Parisien, préfectures des Bouches-du-Rhône, du Rhône et du Bas-Rhin.

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