Natacha Polony revendique 174 promesses de parrainage de maires pour la présidentielle de 2027, sur les 500 nécessaires pour être candidate, et affiche le soutien de l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement. L’essayiste, ancienne directrice de la rédaction de Marianne, l’a annoncé ce dimanche 1er novembre sur le plateau du Grand Jury (RTL, Public Sénat, Ouest-France, M6), selon 20 Minutes avec l’AFP et Le Parisien.
Officiellement candidate depuis le 14 octobre, elle juge ce chiffre « plutôt encourageant », obtenu en quinze jours. Où en est-elle vraiment, et que pèse le soutien de Chevènement ? Le point sur ce qui est établi.
L’essentiel
- 174 promesses de parrainage de maires annoncées par la candidate elle-même, sur 500 parrainages requis.
- Ces maires sont « en grande partie » des femmes, selon elle.
- Soutien de Jean-Pierre Chevènement, 87 ans, annoncé samedi 31 octobre dans un communiqué publié sur son site de campagne.
- Dans les sondages qui la testent, elle est mesurée à environ 1 % des intentions de vote, selon l’AFP.
- Ce qui n’est pas vérifiable : la liste des maires. Les promesses ne sont pas des parrainages déposés.
174 promesses : ce que vaut ce chiffre
Le chiffre vient de la candidate. Ce sont des promesses de signature, pas des parrainages officiellement transmis : ceux-ci ne sont transmis au Conseil constitutionnel qu’à l’approche du scrutin. Aucun organisme indépendant ne peut donc le confirmer à ce stade, et les noms des maires n’ont pas été rendus publics.
Selon Le Parisien, Natacha Polony a ajouté que ces élus étaient en grande partie des maires femmes, qui saluent selon elle un renouvellement de la classe politique. Elle s’est émue du faible nombre de femmes candidates : Marine Le Pen, Marine Tondelier et Nathalie Arthaud sont les principales déclarées, rappelle le quotidien. Pour Marine Le Pen, la question de l’éligibilité reste en suspens (notre article sur ce qui est établi).
Chevènement, un soutien symbolique
Jean-Pierre Chevènement, figure de la gauche souverainiste et ancien socialiste, a été ministre dans les années Mitterrand et dans le gouvernement de Lionel Jospin, rappelle franceinfo. Candidat en 2002, il avait obtenu 5,33 % des voix au premier tour, rappelle Le Parisien. En 2022, il avait soutenu Emmanuel Macron.
Le lien entre les deux est ancien : Natacha Polony avait fait partie de l’équipe de campagne de 2002 et s’était présentée aux législatives cette année-là sous sa bannière, selon franceinfo. Dans son communiqué, cité par Le Parisien, elle précise que l’ancien ministre n’intervient plus directement dans la vie politique en raison de son état de santé, et que les deux se sont rencontrés jeudi à son invitation. Elle parle d’un soutien qui la « touche profondément ».
Sur RTL, elle a salué en lui le seul responsable politique qui alertait, à l’époque, sur la désindustrialisation et la perte d’influence de la France, rapporte Nice-Matin.
Son positionnement : gauche républicaine, État planificateur, Russie
La candidate se définit comme venant de la gauche républicaine, tout en se disant prête à accueillir des électeurs de droite. Elle défend un État planificateur et une ligne souverainiste et attachée à la laïcité. Sur l’Ukraine, elle dit refuser l’escalade militaire avec la Russie et plaide pour des discussions avec Vladimir Poutine afin de mettre fin au conflit, en regrettant que l’Europe soit absente des négociations, selon 20 Minutes.
Connue du grand public depuis l’émission « On n’est pas couché » sur France 2 (2011-2014), elle a ensuite dirigé la rédaction de l’hebdomadaire Marianne.
Ce qui l’attend
Il lui reste plus de 300 signatures à trouver, dans un paysage où plusieurs petites candidatures se disputent les mêmes maires sans étiquette. À droite et au centre, le débat porte de son côté sur une éventuelle primaire (notre article).
Ce qu’Ouelen a vérifié : nous avons comparé les récits de franceinfo, du Parisien, de 20 Minutes (AFP) et de Nice-Matin. Le chiffre de 174 promesses et la répartition « en grande partie » féminine sont des déclarations de la candidate, non vérifiables à ce jour. Le soutien de Jean-Pierre Chevènement est annoncé par elle dans un communiqué ; il n’a pas été commenté publiquement par l’intéressé dans les sources consultées.
Sources : franceinfo, Le Parisien, 20 Minutes (AFP), Nice-Matin.
Photo d’illustration : Mickael Denet / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.
