Avast lance ce mercredi 4 novembre en France un VPN entièrement gratuit, sans plafond de données, sans publicité et sans carte bancaire à l’inscription, utilisable sur un nombre illimité d’appareils Windows, Mac, iOS et Android. La marque du groupe américain Gen, qui possède aussi Norton et AVG, présente l’offre sur sa page officielle comme un VPN sans frais cachés ni vente de données. Les tests publiés par 01net et Frandroid montrent toutefois plusieurs limites.
L’essentiel
- Prix : 0 €, sans carte bancaire ni abonnement à résilier.
- Données : illimitées, sans publicité.
- Appareils : nombre illimité, sur Windows, Mac, iOS et Android.
- Limite principale : trois emplacements de serveurs au choix, à vitesse standard.
- Confidentialité : politique « no-logs » promise, audit annuel par le cabinet VerSprite, premier rapport attendu ce mois-ci.
Ce que contient l’offre gratuite
Le VPN repose sur WireGuard, un protocole de chiffrement récent et ouvert, utilisé aussi par la plupart des VPN payants. Il intègre un « kill switch », qui coupe la connexion si le VPN décroche, et une protection contre les fuites DNS. La page d’Avast indique qu’on peut mettre le VPN en pause 15, 30 ou 60 minutes. C’est un vrai changement de politique : jusqu’ici, Avast ne proposait qu’un essai de 60 jours de son VPN SecureLine, avec carte bancaire, et une version bridée à 5 Go par semaine dans sa suite gratuite Avast One, rappelle Frandroid.
Les limites à connaître
Trois emplacements seulement. L’utilisateur gratuit choisit trois emplacements de serveurs dans un réseau couvrant 40 pays, à vitesse standard. La version payante, Premium VPN, revendique 103 pays et plus de 140 emplacements. Son prix varie selon les offres : 01net relève 51,48 euros la première année pour dix appareils, puis 93,99 euros au renouvellement ; Frandroid indique 11,99 euros par mois ou 99,99 euros par an.
Des débits moyens. Lors d’un essai mené depuis Paris vers un serveur aux États-Unis, Frandroid a mesuré 69,3 Mb/s en réception et 41,7 Mb/s en envoi, contre 90,8 et 85,1 Mb/s pour Proton VPN gratuit dans les mêmes conditions.
Un passé à garder en tête. En 2024, l’autorité américaine de protection des consommateurs (FTC) a interdit à Avast de vendre des données de navigation à des fins publicitaires et lui a imposé de payer 16,5 millions de dollars : sa filiale Jumpshot avait revendu de 2014 à 2020 des historiques de navigation collectés par l’antivirus. Le VPN n’était pas en cause. Tant que le premier rapport de VerSprite n’est pas publié, la promesse « no-logs » repose sur la parole d’Avast.
Faut-il l’installer ?
Pour sécuriser une connexion sur un wifi public (gare, hôtel, café) ou masquer son adresse IP au quotidien, l’offre est l’une des plus généreuses du marché gratuit : Proton VPN gratuit, souvent cité en référence, ne fonctionne que sur un appareil à la fois, note 01net. Pour accéder à un catalogue de streaming d’un pays précis, mieux vaut vérifier avant que ce pays figure parmi les emplacements proposés. Le modèle reste « freemium » : la version gratuite sert à attirer des clients vers l’abonnement payant, ce qu’Avast assume : ceux qui veulent plus de serveurs ou d’options peuvent passer à l’offre supérieure, indique l’éditeur cité par Frandroid. 20 Minutes détaille aussi à quoi sert un VPN au quotidien.
Ce qu’Ouelen a vérifié
La gratuité, l’absence de carte bancaire, les appareils illimités et les trois emplacements de serveurs sont confirmés par la page officielle d’Avast, consultée ce mercredi. Les prix de l’offre payante diffèrent entre 01net et Frandroid, sans doute selon la promotion du moment : nous donnons les deux. Les mesures de débit sont celles de Frandroid, sur un seul essai. L’amende de 16,5 millions de dollars figure dans le communiqué de la FTC de février 2024.
Sources : Avast, 01net, Frandroid, 20 Minutes, FTC.
Photo d’illustration : Isabell Winter (Unsplash) / Wikimedia Commons, licence CC0.
