Les émissions de CO2 de la Chine ont reculé de 3,1 % au troisième trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025, selon une analyse du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) publiée vendredi par Carbon Brief. C’est la plus forte baisse trimestrielle depuis les confinements Covid de 2022.
L’essentiel
- Chiffre : −3,1 % de CO2 chinois au T3 2026 (juillet–septembre), vs T3 2025.
- Source : analyse CREA / Lauri Myllyvirta pour Carbon Brief, à partir de données officielles et commerciales.
- Pétrole : consommation chinoise de pétrole −4 % ; carburants transports −9 %.
- Charbon : −3 % ; production électrique au charbon −3,3 %.
- Contexte : crise d’Ormuz et bascule vers renouvelables et véhicules électriques.
Ce qui est confirmé
Le chiffre de 3,1 % est celui de l’analyse CREA relayée le 6 novembre par Carbon Brief, puis reprise par Ouest-France, BFMTV, Le Parisien et l’AFP. Sur l’ensemble de l’année jusqu’à fin septembre, les émissions chinoises auraient baissé d’environ 0,5 %.
La tendance « plate ou en baisse » observée depuis mars 2024 se prolonge donc depuis plus de deux ans, selon le même travail.
Pourquoi ça baisse maintenant
Trois moteurs principaux, d’après CREA :
- Moins de charbon dans l’électricité (−3,3 % de production au charbon), alors que le solaire, l’éolien et le nucléaire ont ajouté 110 TWh sur un an — plus du double de la hausse de la demande électrique totale.
- Moins de pétrole dans les transports (−9 %), avec une part record des ventes de voitures particulières électriques (67 % en septembre) et 50 % des camions lourds.
- Un ralentissement de la chimie du charbon, du ciment et de l’acier, lié à la construction.
Les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz, déjà suivies dans notre article sur Ormuz, ont accéléré la hausse des prix et freiné les importations chinoises de brut, souligne l’analyste Lauri Myllyvirta auprès de l’AFP.
Ce que ça change (et ce qui n’est pas acquis)
La Chine reste le premier émetteur mondial (plus de 30 % des gaz à effet de serre). Une baisse trimestrielle ne signifie pas un pic définitif : Myllyvirta rappelle qu’un rebond du pétrole est probable si les prix redescendent. Les centrales à charbon continuent d’être construites à un rythme élevé, même si leurs heures de fonctionnement baissent.
Objectif officiel chinois : neutralité carbone en 2060. Rien dans cette étude ne change ce calendrier ; elle documente un effet conjoncturel (Ormuz) sur une tendance structurelle déjà engagée (électrification, renouvelables).
Vos questions
La baisse est-elle officielle de Pékin ? Non : c’est une estimation indépendante CREA/Carbon Brief à partir de données officielles et commerciales.
Est-ce uniquement à cause d’Ormuz ? Non. Ormuz a accéléré la chute du pétrole ; le charbon et les renouvelables jouent aussi.
La France est-elle concernée ? Indirectement via le prix du pétrole et le climat mondial ; aucun chiffre français n’est dans cette étude.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Le −3,1 % T3, le −0,5 % cumulé, le −4 % pétrole, le −9 % transports et le −3 % charbon figurent dans Carbon Brief (CREA). Les reprises FR (Ouest-France, BFMTV, Le Parisien) concordent. Aucun communiqué gouvernemental chinois n’a été utilisé comme source primaire pour ce chiffre.
Chiffres utiles pour suivre la suite
Trois indicateurs à surveiller dans les prochaines publications CREA ou statistiques chinoises :
- la part des renouvelables dans la production électrique et le volume d’électricité « gaspillée » (non injectée) ;
- la part de marché des véhicules électriques (déjà 67 % des VP en septembre selon CREA) ;
- l’évolution des prix du pétrole une fois la situation d’Ormuz stabilisée ou non.
Si la demande énergétique repart avec un stimulus massif fondé sur le charbon, la baisse trimestrielle peut s’inverser sans que les renouvelables ralentissent. L’étude insiste sur le rôle du réseau et du stockage pour absorber le solaire et l’éolien.
Pour le lecteur français, l’intérêt immédiat est surtout climatique et pétrolier : une Chine qui brûle moins de pétrole pèse sur la demande mondiale, dans un contexte déjà tendu autour d’Ormuz. Aucune mesure française n’est annoncée en réaction à cette étude.
Sources : Carbon Brief (CREA / Lauri Myllyvirta), Ouest-France (AFP), BFMTV, Le Parisien.
Photo d’illustration : Rose Abrams / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0.



















