Jordan Bardella a été réélu président du Rassemblement national, samedi 24 octobre 2026, lors du congrès du parti réuni au Zénith d’Orléans (Loiret). Seul candidat à sa propre succession, il a recueilli 75 497 voix, soit 98,98 % des suffrages exprimés, contre 779 bulletins blancs, pour une participation proche de 68 %, selon les résultats proclamés par le député du Gard Yoann Gillet, chargé de l’organisation du scrutin, et rapportés par BFMTV et franceinfo.
Un vote sans suspense, mais un score plus large qu’en 2022
L’issue ne faisait aucun doute : faute de concurrent, la seule inconnue portait sur la participation des adhérents, appelés à voter par voie électronique. L’intéressé s’en est lui-même amusé à la tribune, ironisant sur un « insoutenable suspense ». Avant même la proclamation, il avait fixé le cap à ses militants : les aider à « conduire Marine Le Pen à l’Élysée ».
Le contraste avec sa première élection est net. Le 5 novembre 2022, au congrès de Paris, Jordan Bardella avait succédé à Marine Le Pen avec 84,84 % des voix face au maire de Perpignan, Louis Aliot. Quatre ans plus tard, il est reconduit sans adversaire, à 31 ans, à six mois de l’élection présidentielle. Les adhérents devaient aussi renouveler les instances internes, dont le conseil national, un organe consultatif de 100 membres, et adopter de nouveaux statuts.
Une salle pas tout à fait pleine et des journalistes évacués
Le parti revendiquait 6 000 inscrits pour une salle d’environ 5 000 places, qui n’était pas totalement remplie au début des travaux, selon les journalistes de franceinfo présents sur place. L’après-midi a aussi été marqué par un incident avec la presse : une équipe de Mediapart a été prise à partie par une partie du public, aux cris de « Mediapart, dehors ! », puis sortie sans ménagement par le service de sécurité, avant de pouvoir regagner la salle. Selon TF1, le RN a justifié l’intervention par la crainte d’un mouvement de foule.
Le site d’investigation publie depuis le 28 septembre une série d’articles sur des messages antisémites écrits en 2013 sur Messenger qu’il attribue à Jordan Bardella. Le président du RN a démenti en être l’auteur, et Marine Le Pen a assuré début octobre lui garder « totalement confiance ». Le parti reste par ailleurs visé par l’enquête sur les fonds de l’ancien groupe européen ENF, qui a donné lieu cette semaine à des perquisitions au Parlement européen.
Orléans sous haute surveillance jusqu’à dimanche soir
Dehors, la mobilisation contre le congrès s’est achevée dans le calme en début d’après-midi. La préfecture du Loiret a revu son estimation à la hausse, à environ 13 000 manifestants, contre 11 000 annoncés à la mi-journée ; les organisateurs en revendiquent toujours 26 000. Nous en avions fait le récit dans notre article sur la manifestation contre le RN à Orléans. Près de 3 000 policiers et gendarmes restent mobilisés, et le couvre-feu imposé aux moins de 15 ans par le maire, Serge Grouard, s’applique encore les nuits de samedi et dimanche.
Et maintenant ?
Le temps fort du week-end est attendu dimanche 25 octobre : Marine Le Pen, candidate du RN à la présidentielle, y tiendra son premier grand meeting de campagne, présenté par son entourage comme un « moment fondateur ». Le parti attend environ deux fois plus de militants que samedi. Un rassemblement de l’ultragauche prévu le même jour a été interdit par la préfecture, une décision confirmée par le tribunal administratif.


















