La police espagnole a évacué dans la nuit de lundi 2 à mardi 3 novembre le campement pour le droit au logement installé depuis plus de cinq semaines sur la Puerta del Sol, au cœur de Madrid : 334 personnes ont été évacuées et deux interpellées, selon la délégation du gouvernement citée par Reuters et franceinfo. Ce camp était devenu le symbole de la crise du logement en Espagne, à quatre semaines des législatives anticipées du 29 novembre.
Les chiffres de l’opération
- Heure : vers 3 heures du matin, mardi.
- Personnes évacuées : 334, selon la délégation du gouvernement à Madrid (l’équivalent d’une préfecture).
- Interpellations : deux, pour désobéissance et résistance aux agents.
- Effectifs : 220 policiers nationaux et 180 policiers municipaux, avec les pompiers et les services sociaux.
- Durée du camp : depuis le 26 septembre, soit plus de cinq semaines.
Deux versions de l’évacuation
Les autorités affirment que l’opération s’est déroulée « sans heurts ni épisodes de violence », selon franceinfo. Les organisateurs ont dénoncé sur leur canal Telegram une intervention violente, avec des coups, l’usage de gaz poivre ou lacrymogène et plusieurs blessés, ce que le gouvernement a démenti dans un communiqué, rapporte Reuters. Le nombre de blessés évoqué par les militants n’a pas été confirmé de source officielle.
Après l’évacuation, les services de nettoyage de la mairie ont commencé à retirer tentes et matériel, selon le quotidien El Periódico cité par Courrier international.
Pourquoi ce camp était devenu un symbole
Le mouvement est né fin septembre après l’expulsion d’une retraitée madrilène de 87 ans de l’appartement qu’elle occupait depuis toujours, au terme d’une longue bataille judiciaire avec un fonds d’investissement propriétaire de l’immeuble. Elle est morte quelques jours plus tard, le 7 octobre, selon Courrier international. L’affaire a déclenché des manifestations et l’installation du campement contre la flambée des loyers, la pénurie de logements et les expulsions.
Le 30 octobre, les principaux représentants du mouvement avaient annoncé la dissolution de leurs comités d’organisation, estimant leur revendication initiale satisfaite après l’adoption par le gouvernement de plusieurs mesures pour le logement, selon Reuters. Restaient sur place un groupe de manifestants et des sans-abri. Les derniers occupants avaient annoncé lundi vouloir rester jusqu’à une grève générale prévue le 11 novembre, selon El Periódico.
Un enjeu des législatives du 29 novembre
La crise du logement, l’une des principales préoccupations des Espagnols, a mis en difficulté le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez, avant même la catastrophe ferroviaire d’Urda, souligne Reuters. Le chef du gouvernement a convoqué des élections législatives anticipées pour le 29 novembre. Nous avions détaillé la collision de trains près de Tolède, qui a fait 69 morts.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Nous avons comparé la dépêche Reuters, l’article de franceinfo et la revue de presse de Courrier international, qui s’appuie sur El Periódico. Le nombre de personnes évacuées, les deux interpellations et l’heure de l’opération concordent. Les accusations de violences policières restent la parole des militants, démentie par le gouvernement : nous les présentons comme telles.
Sources : Reuters via Boursorama, franceinfo, Courrier international.
Photo d’illustration : Matt Joseph / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.



















