La course à la succession d’António Guterres compte désormais six candidats. L’ancien président sénégalais Macky Sall a annoncé ce samedi 17 octobre, dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, qu’il retirait sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Ce retrait intervient au lendemain du vote indicatif à huis clos du Conseil de sécurité, lors duquel aucun des sept prétendants n’avait échappé à un avis défavorable d’au moins un des cinq membres permanents.
Un retrait au nom du consensus
Macky Sall, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, explique vouloir contribuer à l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité. Selon France 24, il dit se retirer pour « favoriser l’émergence d’un candidat de consensus ». Il tire aussi une lecture politique des scrutins successifs : d’après lui, les votes tests indiquent une préférence pour une personnalité issue de la région Amérique latine et Caraïbes, et éventuellement pour une femme, rapporte l’AFP.
Une candidature qui n’avait jamais décollé
Sa candidature avait connu un parcours chaotique. Le gouvernement sénégalais s’y était d’abord opposé, et c’est le Burundi qui l’avait présentée, rappelle Africanews. Son successeur, Bassirou Diomaye Faye, avait finalement changé de position en juillet en annonçant le plein soutien du Sénégal et de son réseau diplomatique. Mais dès le premier vote indicatif de juillet, l’ancien chef d’État n’avait obtenu que six avis favorables, contre sept défavorables et deux sans opinion, loin du seuil de neuf voix favorables nécessaire.
Qui reste en lice ?
Six candidats demeurent officiellement dans la course :
- Rebeca Grynspan (Costa Rica), ancienne dirigeante de la Cnuced, toujours en tête mais visée par des avis défavorables de deux membres permanents ;
- Rafael Grossi (Argentine), directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique ;
- Carolyn Rodrigues-Birkett (Guyana), ancienne ministre des Affaires étrangères ;
- María Fernanda Espinosa et Ivonne A-Baki (Équateur) ;
- Olara Otunnu (Ouganda), désormais seul candidat africain.
Cinq des six candidats restants viennent d’Amérique latine ou des Caraïbes, ce qui va dans le sens de l’analyse de Macky Sall. Une règle non écrite veut que le poste tourne entre les grandes régions du monde : l’Amérique latine ne l’a plus occupé depuis le Péruvien Javier Pérez de Cuéllar (1982-1991), tandis que l’Afrique l’a détenu avec l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali puis le Ghanéen Kofi Annan. Aucune femme n’a jamais dirigé l’organisation.
Et maintenant ?
Le secrétaire général est nommé par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité, où un seul veto d’un membre permanent (États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France) suffit à bloquer un nom. Aucune date n’a encore été fixée pour un nouveau vote, et le blocage de vendredi laisse la porte ouverte à de nouvelles candidatures. Le calendrier est serré : le second mandat d’António Guterres prend fin le 31 décembre, et son successeur doit entrer en fonctions en janvier 2027 pour cinq ans.
Photo : Jdforrester / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0 (photo d’archives).
Sources : déclaration de Macky Sall (réseaux sociaux), AFP, France 24, Africanews, RFI, Ouest-France.






