Ce qui est nouveau ce lundi : un premier chiffrage national et le lancement des discussions avec l’État. Dimanche, Ouelen relayait l’appel à l’aide des commerçants, restaurateurs et de la grande distribution. Ce lundi, les représentants du commerce ont rendez-vous à Bercy, avant la cellule interministérielle de crise présidée à 10 heures par Sébastien Lecornu.
Un bilan qui dépasse 2 000 commerces
Invité de RTL lundi matin, Alain Di Crescenzo, président de CCI France, le réseau des chambres de commerce et d’industrie, a estimé que la facture se chiffrerait en « centaines de millions d’euros ». Une première estimation faisait état d’environ 1 500 magasins visés samedi. Mais les violences s’étant poursuivies dans la nuit de dimanche à lundi dans au moins quatre villes, Paris, Lyon, Marseille et Nantes, le responsable consulaire prévient que l’on dépassera les 2 000 commerces touchés. Certaines villes n’avaient pas encore fait remonter leurs chiffres.
Le calendrier aggrave le choc : selon Alain Di Crescenzo, la période qui précède Noël représente environ 40 % du chiffre d’affaires des commerçants, après un été déjà amputé par la canicule.
Bercy à 9 heures, un conseil des entreprises mardi
Le ministre chargé du Commerce, des PME et de l’Artisanat, Serge Papin, réunit à 9 heures les fédérations du commerce et de la distribution, de l’hôtellerie-restauration, de l’artisanat et des chambres consulaires, ainsi que la Fédération bancaire française et France Assureurs. Les mesures d’urgence doivent ensuite être examinées lors de la cellule de crise de Matignon, qui comprend un volet « économie-commerce » et un volet « assurance ». Un « conseil exceptionnel des entreprises » est prévu mardi matin autour de Jean-Pierre Farandou (Travail), Roland Lescure (Économie) et Serge Papin.
Ce que demandent les commerçants
- Des indemnisations plus rapides. Le PDG de Carrefour et président de la Fédération du commerce et de la distribution, Alexandre Bompard, demande une procédure accélérée, sur le modèle des catastrophes naturelles. Dans ce régime, les assureurs doivent indemniser dans les trois mois suivant la publication de l’arrêté interministériel.
- De la trésorerie. Le Syndicat des indépendants et des TPE réclame des avances sur indemnisation et des aides de trésorerie, son secrétaire général Marc Sanchez jugeant qu’une promesse « ne répare pas une vitrine ».
- La compensation des pertes d’exploitation liées aux fermetures, que beaucoup de petits commerces ne couvrent pas, ou mal.
Pourquoi l’enjeu est surtout la vitesse
Pour un grand groupe, une vitrine brisée ou un stock pillé est une ligne de coûts. Pour un commerce indépendant, c’est parfois des semaines de fermeture, des salaires à verser sans recettes et une franchise d’assurance à avancer. Les émeutes de l’été 2023 l’avaient montré : la question n’est pas seulement de savoir qui paie, mais quand. Les mesures attendues cette semaine, avances des assureurs, report de charges, activité partielle, seront jugées à leur rapidité de versement plus qu’à leur annonce. Les pistes retenues lundi et mardi permettront de mesurer si l’État transforme ses promesses de fermeté, formulées dimanche soir par le chef de l’État, en soutien concret pour les commerces touchés.
Pour les particuliers et les commerçants qui doivent déclarer un sinistre, Ouelen publie dans la journée un guide pratique sur l’assurance après des émeutes.
Sources : RTL, BFMTV, Le Figaro, AFP, ministère de l’Économie.
