Après un week-end de pillages dans au moins 3 000 commerces (lire notre article sur les bilans et les annonces de Lecornu), le gouvernement s’attaque au maillon suivant : la revente en ligne. Selon BFMTV, Bercy réunit ce lundi à 19 heures, en visioconférence, plusieurs plateformes de vente et leurs fédérations.
Qui est autour de la table
La réunion est pilotée par Anne Le Hénanff, ministre déléguée au Numérique, et Serge Papin, ministre du Commerce et des PME, avec les ministères de la Justice et de l’Intérieur. Sont notamment concernés Vinted, Amazon, eBay, Leboncoin, Meta et TikTok, ainsi que l’Alliance française des places de marché et la Fevad (fédération du e-commerce). L’objectif affiché : empêcher la revente de produits pillés ce week-end et retracer les receleurs.
Sébastien Lecornu avait indiqué plus tôt dans la journée qu’un communiqué serait envoyé « dans l’après-midi » sur ce sujet et que la ministre du Numérique travaillait à des réponses dans ce domaine.
Vinted : « tolérance zéro »
Sollicité par l’AFP, Vinted affirme appliquer une « tolérance zéro ». « Depuis ce week-end, nos équipes ont agi immédiatement pour identifier et supprimer les annonces susceptibles de concerner des biens volés, et nous avons renforcé le contrôle des annonces suspectes », a réagi l’entreprise lituanienne, sans chiffrer l’ampleur du phénomène. En cas d’infraction, elle évoque des mesures pouvant aller jusqu’au bannissement définitif, et dit collaborer avec les forces de l’ordre françaises. Au moment où BFMTV publiait son information, eBay et Leboncoin n’avaient pas encore réagi.
Des annonces suspectes ont déjà circulé sur les réseaux et les sites de seconde main, certaines mentionnant explicitement le « 17 octobre » dans leur titre, selon des reportages télévisés de la journée. Les personnes mises en cause restent présumées innocentes tant qu’elles n’ont pas été jugées.
Pression politique croisée
Jordan Bardella (Rassemblement national) a demandé ce lundi une coopération accrue entre l’État et les plateformes pour « identifier les profils qui tenteraient de revendre les marchandises volées ». Gabriel Attal (Renaissance) a formulé la même exigence sur RTL, en évoquant du matériel informatique potentiellement géolocalisable, des annonces en ligne et de nombreuses vidéos postées sur les réseaux sociaux.
Cette réunion s’ajoute aux autres volets déjà annoncés : chômage partiel à 100 % pour les salariés des commerces touchés, fonds de soutien, et exploitation massive des vidéos de pillages. Elle ne résoudra pas seule le problème des stocks disparus, mais elle vise à couper un canal de monétisation rapide des butins.
Sources : BFMTV (info du 19 octobre), AFP via BFMTV (réaction Vinted), RTL (Attal).
