L’attaque a eu lieu vendredi 23 octobre au matin, à un carrefour routier au nord d’Hébron, la plus grande ville de Cisjordanie occupée. En quelques heures, elle a bouleversé la fin de campagne des législatives israéliennes, prévues mardi 27 octobre, et fait craindre une nouvelle escalade dans le territoire palestinien.
Que s’est-il passé à Hébron vendredi ?
Deux hommes armés, l’un d’un fusil d’assaut, l’autre d’un pistolet, ont ouvert le feu sur des militaires à un point de contrôle temporaire, selon l’armée israélienne et un photographe de l’AFP présent sur place. Cinq soldats ont été touchés : deux, âgés de 20 et 23 ans, sont morts, trois sont légèrement blessés. Les deux assaillants, présentés par Israël comme des Palestiniens originaires d’Hébron, ont été abattus. Le chef d’état-major israélien affirme qu’une grande quantité de munitions a été trouvée dans leur véhicule, signe selon lui d’un projet d’attaque plus vaste.
Le Hamas a salué une « opération héroïque », sans la revendiquer, et appelé à d’autres attaques, rapporte franceinfo.
Quelle riposte Netanyahou a-t-il annoncée ?
Le Premier ministre s’est rendu à Hébron en gilet pare-balles. Il a ordonné le bouclage immédiat de la ville puis la préparation d’un « bouclage total » de la Cisjordanie. Dans le quartier d’origine des assaillants, « nous allons évacuer des habitants et aller de maison en maison », a-t-il déclaré. Surtout, il affirme envisager avec son ministre de la Défense une opération de très grande ampleur, « comme il n’y en a pas eu depuis la guerre des Six-Jours » de 1967, selon Le Devoir.
Israël Katz a évoqué « le modèle du camp de réfugiés de Jénine », où les opérations menées depuis 2025 ont déplacé plus de 30 000 Palestiniens, selon franceinfo. Le ministre des Finances d’extrême droite Bezalel Smotrich réclame une campagne « comme à Gaza » et a ordonné la démolition de constructions palestiniennes près du lieu de l’attaque ; un immeuble de trois étages a été rasé dans l’après-midi. L’ONG israélienne B’Tselem avertit que des déplacements forcés et des destructions pourraient constituer des crimes de guerre.
Pourquoi cette attaque pèse-t-elle sur les élections de mardi ?
Benyamin Netanyahou joue sa survie politique dans ce scrutin, pour lequel il a reçu le soutien de Donald Trump aux législatives israéliennes. La sécurité est son terrain de prédilection, et ses alliés d’extrême droite ont aussitôt fait monter les enchères. Ses adversaires lui reprochent au contraire une politique qui nourrit les tensions. L’annonce d’une opération dont il « fixera le moment » laisse planer le doute sur un lancement avant ou après le vote.
Quel est le contexte en Cisjordanie ?
Les violences ont fortement augmenté depuis trois ans. Plus de 1 110 Palestiniens y ont été tués depuis octobre 2023, en majorité par des soldats israéliens, selon un décompte de l’AFP fondé sur les chiffres du ministère palestinien de la Santé ; au moins 51 Israéliens ont été tués sur la même période, selon les chiffres israéliens. Les attaques de colons se sont multipliées pendant la récolte des olives en cours, et Ouelen rapportait la semaine dernière l’agression de diplomates européens et d’une photojournaliste américaine par des colons.
Questions fréquentes
Quand ont lieu les élections israéliennes ? Mardi 27 octobre 2026.
L’opération annoncée a-t-elle commencé ? Des « opérations antiterroristes » sont en cours à Hébron ; l’offensive à l’échelle de toute la Cisjordanie n’a pas de date officielle.
Sources : Le Devoir et franceinfo (dépêches AFP, 23 octobre 2026), Courrier international, Libération.


















