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Manifestations interdites : le Conseil d’État rejette le recours de la gauche, à Paris le cortège déplacé porte d’Italie et un dernier référé ce matin

Le Palais-Royal, siège du Conseil d’État, à Paris (photo d’archives)
Photo : Sukkoria / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

La bataille juridique autour du 24 octobre s’est soldée vendredi soir par une défaite pour la gauche. Saisi en urgence, le Conseil d’État a rejeté l’ensemble des demandes visant à faire lever les manifestations interdites un peu partout en France. Nous racontions jeudi la saisine du Conseil d’État par sept formations politiques ; voici la décision et ses conséquences pour la journée de samedi.

Qui avait saisi le Conseil d’État, et pour demander quoi ?

Les Écologistes, La France insoumise, le Parti socialiste, le PCF, Debout, L’Après et Génération.s avaient déposé un référé-liberté, la procédure d’urgence qui permet de demander au juge de faire cesser une atteinte grave à une liberté fondamentale. Place publique avait choisi de ne pas s’y associer. Les requérants estimaient que les propos d’Emmanuel Macron du 22 octobre valaient consigne générale d’interdiction donnée aux préfets.

Que dit l’ordonnance du juge des référés ?

Le juge n’a pas suivi ce raisonnement. Selon l’ordonnance citée par Sud Ouest, les déclarations du chef de l’État « ne révèlent pas l’existence d’une décision d’interdire toute manifestation, ni d’une instruction donnée en ce sens aux préfets ». Autrement dit, il n’existe pas d’interdiction nationale à annuler : chaque arrêté reste une décision locale, que les préfets prennent au cas par cas et qui peut être contestée devant le tribunal administratif compétent.

C’est précisément ce qui s’est passé à Brest et à Quimper, où la justice administrative a confirmé vendredi l’interdiction de manifester en centre-ville, selon Ouest-France. Le message est clair pour les organisateurs : la contestation doit viser chaque arrêté, ville par ville.

Pourquoi le parcours parisien a-t-il changé à la dernière minute ?

À Paris, la préfecture de police a interdit vendredi après-midi le trajet déclaré entre la Bastille et la Nation. Elle impose à la place un cortège entre la porte d’Italie et la porte de Vincennes, de 13 heures à 19 heures, selon franceinfo. La Fage, première organisation étudiante, a dénoncé un « revirement de dernière minute, inacceptable ». À la CGT, on juge le nouveau tracé, qui longe les boulevards des Maréchaux, « impossible à sécuriser ».

L’intersyndicale a annoncé un référé déposé ce samedi matin devant le tribunal administratif de Paris pour contester ce changement. La décision pourrait tomber en fin de matinée, quelques heures seulement avant le départ prévu.

Ce qu’il faut retenir

  • Pas d’interdiction nationale au sens juridique : le Conseil d’État renvoie aux arrêtés locaux.
  • Les recours restent possibles ville par ville, devant les tribunaux administratifs.
  • À Paris, le cortège autorisé part de la porte d’Italie à 13 heures, sauf décision contraire du juge ce samedi.

Le dispositif de sécurité de la journée, avec 70 000 policiers et gendarmes, est détaillé dans notre article sur les mesures du ministère de l’Intérieur.

Questions fréquentes

Le Conseil d’État a-t-il validé toutes les interdictions ? Non : il a jugé qu’aucune interdiction générale n’existait. Les arrêtés locaux peuvent encore être attaqués un par un.

Peut-on manifester à Paris ce samedi ? Oui, sur le parcours porte d’Italie – porte de Vincennes, de 13 heures à 19 heures, selon la préfecture.

Sources : Sud Ouest (ordonnance du Conseil d’État, 23 octobre 2026), franceinfo, Ouest-France.

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