Vingt-quatre heures après les tirs qui ont endeuillé les Yvelines, l’enquête sur l’attentat de Trappes avance sur plusieurs fronts. Le parquet national antiterroriste (Pnat) a publié vendredi soir un communiqué détaillé, un membre de la famille du suspect a lui aussi été placé en garde à vue, et Emmanuel Macron s’est rendu sur place en fin de journée. Pour le récit de la matinée de vendredi, voir notre article sur la fusillade de Trappes et La Verrière, puis notre point de l’après-midi sur l’appartement piégé du suspect. Voici ce qui est nouveau.
Que s’est-il passé vendredi matin à Trappes et La Verrière ?
Selon le Pnat, cité par Europe 1 et 20 Minutes, un homme a ouvert le feu peu après 10 heures depuis une Renault Clio, d’abord avenue Hector-Berlioz à Trappes, en direction d’une voiture stationnée où se trouvaient une mère et sa fille. Il a ensuite tiré sur la façade d’une maison de santé, puis sur un homme au square Louis-Pergaud, qui est mort. Le parcours s’est poursuivi vers une station-service du boulevard Martin-Luther-King, où deux personnes ont été blessées, avant La Verrière, près de la pharmacie du Bois-de-l’Étang puis rue Marcel-Rivière. Le parquet précise que la chronologie exacte reste à établir.
Le bilan officiel est d’un mort et cinq blessés, parmi lesquels une enfant de 12 ans. Le maire de La Verrière a indiqué sur BFMTV que son état avait pu être stabilisé. Une cellule d’urgence médico-psychologique a été ouverte par la préfecture et l’association France Victimes 78 accompagne les témoins.
Que sait-on du suspect ?
Le tireur présumé, un homme de 39 ans né en 1987 et domicilié à Plaisir, a été interpellé à 10 h 20 à Coignières par des policiers de la brigade anticriminalité. Dans sa voiture, les enquêteurs ont trouvé un pistolet-mitrailleur de type Sten, une arme britannique de la Seconde Guerre mondiale, et une bombe lacrymogène. Son casier mentionne quatre condamnations « réhabilitées de plein droit » ; il était connu pour des faits de droit commun mais pas des services de renseignement, selon Le Parisien cité par 20 Minutes.
La perquisition de son appartement a mis au jour un dispositif de piégeage fait de trois bouteilles de gaz reliées à un minuteur. Le RAID et les démineurs sont intervenus, l’immeuble a été évacué. Comme la loi impose sa présence lors de la perquisition, le suspect n’avait pas encore été entendu vendredi en début de soirée. Sa garde à vue peut durer jusqu’à 96 heures. Une deuxième personne, issue de son entourage familial direct, a été placée en garde à vue dans l’après-midi. À ce stade, aucune des deux n’a été jugée : elles restent présumées innocentes.
Pourquoi le parquet antiterroriste parle-t-il de mobile raciste ?
Le Pnat a ouvert une enquête pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante liée à l’appartenance « réelle ou supposée » des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion. Les investigations visent aussi la détention d’une arme de catégorie A et une association de malfaiteurs terroriste. Elles sont confiées à la sous-direction antiterroriste, à la DGSI et à la police judiciaire.
En déplacement à Trappes, Emmanuel Macron a affirmé que le suspect avait « épargné des gens en raison de leur peau », selon les propos rapportés par 20 Minutes, et a dénoncé un « attentat terroriste, raciste ». Il a parlé d’un « tournant » et appelé à ne « rien céder ». Le Figaro relève toutefois que le chef de l’État a dû nuancer, quelques heures plus tard, l’idée qu’il s’agirait de la première attaque terroriste de ce type en France.
Quelles sont les prochaines étapes ?
- Fin de garde à vue : le parquet promet de nouvelles précisions à l’issue de la garde à vue du principal suspect, au plus tard mardi.
- Origine de l’arme : les enquêteurs cherchent à savoir comment il s’est procuré un pistolet-mitrailleur, arme interdite.
- Préméditation : le piégeage de l’appartement et le rôle éventuel du proche en garde à vue seront au cœur des auditions.
Questions fréquentes
Combien de victimes ? Un homme de 26 ans est mort et cinq personnes ont été blessées, selon le bilan du parquet.
Qui enquête ? Le parquet national antiterroriste, avec la SDAT et la DGSI.
Le suspect a-t-il parlé ? Pas encore vendredi soir, selon le Pnat ; ses auditions devaient commencer après la perquisition.
Sources : communiqué du parquet national antiterroriste cité par Europe 1 et 20 Minutes (23 octobre 2026), Le Parisien via 20 Minutes, Le Figaro, BFMTV.
