Le BHV Marais a déposé le bilan mardi 27 octobre 2026 et demandé son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal des activités économiques de Lyon, a révélé Le Figaro, information confirmée par l’AFP. Le grand magasin de la rue de Rivoli, à Paris, reste ouvert et ses équipes sont en poste, assure son PDG, Karl-Stéphane Cottendin, qui l’a repris en juin avec trois autres cadres dirigeants.
BHV Marais : l’essentiel en bref
- Quoi : déclaration de cessation des paiements (dépôt de bilan) et demande d’ouverture d’un redressement judiciaire, mardi après-midi.
- Où : au tribunal des activités économiques de Lyon ; une audience est attendue dans les prochains jours, selon Le Figaro.
- Pour les clients : le magasin reste ouvert, selon la direction.
- Raison avancée : un manque de trésorerie, que la direction impute en premier lieu à son bailleur.
- Objectif affiché : présenter un plan de continuation pour « préserver l’activité et l’emploi ».
Pourquoi le BHV dépose le bilan
La direction explique ne plus pouvoir mener de front deux chantiers : relancer le magasin et régler ses dettes passées. Selon Le Figaro, Karl-Stéphane Cottendin reproche au fonds Brookfield, propriétaire des murs, de ne pas avoir versé les indemnités prévues en échange de la restitution de la moitié du bâtiment, et veut récupérer plus de 30 millions d’euros pour financer la relance. Il présente le redressement comme « une étape stratégique » de la restructuration, une phrase rapportée par Capital.
D’après la direction, citée par l’AFP et reprise par Midi Libre, la relance prévue dès l’été (réassort, réaménagement de la surface conservée, communication auprès des clients) n’a pas pu être lancée faute de ces fonds. Elle cite aussi les violences qui ont touché le centre de Paris ces derniers samedis, jusqu’au pillage du rez-de-chaussée du magasin, qui ont pesé sur une trésorerie déjà tendue.
Une année de turbulences
Le magasin avait été revendu en juin par la SGM de Frédéric Merlin à certains de ses dirigeants. Fin 2025, l’ouverture d’un espace Shein dans le grand magasin avait suscité une forte polémique. Plus récemment, l’inspection du travail a signalé à la justice une possible cessation des paiements, ce que la direction contestait en affirmant avoir restructuré 80 % de sa dette, rappelle Capital. Plusieurs fournisseurs se plaignaient d’impayés : Capital cite Armor-Lux (429 000 euros réclamés), Culture Vintage (plus de 50 000 euros) et la petite entreprise de fleurs séchées Flowerret (30 000 euros).
Ce que ça change pour vous
- Si vous êtes client : le magasin fonctionne normalement selon la direction. Aucune fermeture n’est annoncée à ce stade.
- Si vous êtes fournisseur ou créancier : c’est le tribunal qui décidera d’ouvrir ou non la procédure. Si elle est ouverte, les créances antérieures devront être déclarées dans le cadre de la procédure, selon le calendrier qui sera fixé par le jugement.
- Si vous êtes salarié : la direction affirme vouloir préserver l’emploi ; aucun chiffre de suppressions de postes n’a été communiqué.
Confirmé, pas confirmé
| Confirmé | Pas encore connu |
|---|---|
| Le dépôt de bilan et la demande de redressement, mardi 27 octobre (Le Figaro, AFP) | La date exacte de l’audience et la décision du tribunal |
| Le magasin reste ouvert, selon son PDG | Le montant total du passif |
| Le litige avec le propriétaire des murs, selon la direction | La version de Brookfield, que nous n’avons pas trouvée |
D’autres enseignes françaises sont passées par le tribunal ces derniers jours, comme les librairies Gibert ou Office Depot.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Nous avons comparé les informations du Figaro, qui a révélé le dépôt de bilan, avec la dépêche AFP reprise par Midi Libre et l’article de Capital : les trois concordent sur le tribunal saisi, le maintien de l’ouverture et les difficultés de trésorerie. Le montant de plus de 30 millions d’euros réclamé au bailleur repose sur les seuls propos du PDG au Figaro. Les sources consultées ne disent pas si les anciens magasins Galeries Lafayette de province exploités sous l’enseigne BHV sont concernés : nous ne l’affirmons donc pas.
Sources : Le Figaro, Midi Libre (AFP), Capital, Le Parisien, Les Echos.
Photo d’illustration : Marianne Casamance / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.


















