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Les manifestations du samedi 31 octobre 2026 se tiendront en dehors des centres-villes : c’est ce qu’a annoncé Emmanuel Macron ce lundi 26 octobre depuis la mairie de Marseille. Le chef de l’État a expliqué que les parcours déclarés resteraient autorisés mais seraient placés hors des cœurs de ville, afin que les cortèges se déroulent dans le calme. Il a qualifié samedi prochain d’« une journée à risques », selon les propos rapportés par franceinfo. Voici ce que l’on sait du week-end qui vient et des prochaines dates de mobilisation.
Mise à jour du vendredi 30 octobre : la préfecture de police a publié son arrêté. À Paris, la manifestation du samedi 31 octobre ne partira pas de Bastille : elle pourra se tenir de 12 h à 18 h entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton, avec un départ à 14 h par les boulevards des Maréchaux, et un couvre-feu pour tous s’appliquera la nuit à République et à Châtelet-Les Halles. Le détail ci-dessous, puis l’historique depuis l’annonce d’Emmanuel Macron, le 26 octobre.
Samedi 31 octobre à Paris : l’essentiel
- Parcours autorisé : rassemblement de 12 h à 18 h, de la porte de Bagnolet (20e) à la porte de Charenton (12e), départ du cortège à 14 h par les boulevards des Maréchaux.
- Parcours interdits : Bastille-Nation (CGT et intersyndicale) et Bastille-Concorde (gilets jaunes).
- Couvre-feu pour tous : secteurs République et Châtelet-Les Halles, de 23 h à 6 h, nuits du 31 octobre au 1er novembre et du 1er au 2 novembre.
- Couvre-feu des mineurs non accompagnés : de 21 h à 6 h, nuits du 30 au 31 octobre, du 31 octobre au 1er novembre et du 1er au 2 novembre.
- Rassemblements non déclarés : interdits dans plusieurs secteurs jusqu’au lundi 2 novembre à 6 h.
- Forces de l’ordre : environ 70 000 policiers et gendarmes mobilisés en France, a annoncé Laurent Nuñez (TF1info).
Mise à jour du vendredi 30 octobre : ce que dit l’arrêté de la préfecture de police
La CGT avait demandé à défiler à partir de 14 heures de la place de la Bastille à la place de la Nation, par la rue de Lyon, l’avenue Daumesnil et le boulevard de Picpus ; les gilets jaunes avaient déclaré un cortège de la Bastille à la Concorde, face à l’Assemblée nationale. Les deux parcours sont interdits par un arrêté publié vendredi, rapportent La Croix et franceinfo, avec l’AFP. La préfecture les juge incompatibles avec l’ordre public, en raison notamment de la présence de commissariats, d’agences bancaires, de commerces et de restauration rapide sur le trajet. Invoquant « un contexte social extrêmement tendu », elle impose aux deux cortèges de « converger » en un seul rassemblement sur les boulevards extérieurs. Ce lieu est « plus aisé à sécuriser » et moins exposé pour les commerçants, a expliqué sa porte-parole sur RMC, qui assure que le parcours traditionnel n’est écarté que « pour un temps ».
Le couvre-feu de République et des Halles est rétabli par l’arrêté préfectoral n° 2026-01485 du 30 octobre, précise Sortir à Paris. Celui qui vise les mineurs non accompagnés avait été suspendu par le tribunal administratif le 28 octobre, puis repris dans un nouvel arrêté le 29 : ses secteurs sont détaillés dans notre article sur le couvre-feu des mineurs à Paris. Le rassemblement d’Objectif Remigration prévu ce week-end est lui aussi interdit.
L’intersyndicale d’Île-de-France (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, Union étudiante et Fage) dénonce des « manœuvres dangereuses » et une entrave au droit de manifester, selon 20 Minutes. Son référé du 29 octobre visait justement à obtenir un arrêté assez tôt pour pouvoir le contester. Au moment de cette mise à jour, nous n’avons trouvé aucune décision de justice publiée sur le parcours. Le cortège de Bagnolet inquiète aussi pour l’accès : « à part le tram, qui sera coupé, il n’y a rien », regrette Karl Ghazi (CGT Paris) dans 20 Minutes.
Ce que ça change pour vous samedi
Si vous manifestez : rendez-vous porte de Bagnolet, départ à 14 h, puis le long des boulevards des Maréchaux vers le sud jusqu’à la porte de Charenton. Vérifiez l’état du trafic RATP avant de partir. Les parcours partant de Bastille sont interdits, et participer à une manifestation interdite expose à une amende.
Si vous sortez samedi soir : évitez République et Châtelet-Les Halles après 23 h, le couvre-feu y concerne tout le monde, pas seulement les mineurs. Les moins de 18 ans non accompagnés doivent être rentrés avant 21 h dans les secteurs visés par l’arrêté sur les mineurs.
Si vous allez au rugby : deux matchs de Top 14 sont décalés. Montpellier-Castres est reporté à dimanche, la LNR prenant acte d’un arrêté préfectoral interdisant la rencontre samedi, selon Le Figaro, et Vannes-Bordeaux-Bègles, prévu à la Beaujoire à Nantes, passe du 7 au dimanche 8 novembre (L’Équipe).
En région : à Besançon, la préfecture du Doubs a refusé le parcours de l’intersyndicale, qui passait par le centre-ville (la Boucle), et les syndicats ont annoncé un référé-liberté devant le tribunal administratif, selon ICI Besançon.
Vos questions
Le couvre-feu concerne-t-il tout Paris ?
Non. Le couvre-feu pour tous ne vise que les secteurs de la place de la République et de Châtelet-Les Halles, de 23 h à 6 h, les nuits de samedi et de dimanche. Celui des mineurs non accompagnés couvre plusieurs secteurs, de 21 h à 6 h, de vendredi soir à lundi matin.
Jusqu’à quand durent les restrictions ?
Jusqu’au lundi 2 novembre à 6 h pour les couvre-feux et l’interdiction des rassemblements non déclarés, sauf nouvelle décision des autorités.
Le calendrier des mobilisations et ce qu’a dit Emmanuel Macron le 26 octobre
Le calendrier des mobilisations annoncées
- Vendredi 30 octobre au soir : « casserolades » devant l’Assemblée nationale et les permanences de parlementaires, à l’appel de la coordination des gilets jaunes (BFMTV)
- Samedi 31 octobre : « acte III », rassemblements et sit-in devant l’Assemblée nationale et les mairies pour défendre les libertés publiques (gilets jaunes, selon l’AFP reprise par franceinfo et Capital)
- Lundi 2 novembre : rentrée scolaire, possible reprise de la mobilisation lycéenne
- Jeudi 5 novembre : journée de grève appelée par la quasi-totalité des syndicats (notre article sur la grève du 5 novembre)
- Jeudi 19 novembre : manifestation des retraités ; vendredi 4 décembre : mobilisation des sapeurs-pompiers (BFMTV)
Ce qu’a dit Emmanuel Macron à Marseille
Arrivé vers midi à l’hôtel de ville, dont le hall avait été envahi et dégradé lors de la journée du 17 octobre, le président a reconnu que les effectifs de police et de gendarmerie déployés ce jour-là étaient insuffisants, à Marseille comme ailleurs, et que l’ampleur des violences n’avait pas été anticipée. Il a en revanche estimé que l’ordre avait été tenu lors des manifestations du samedi 24 octobre, et a redit qu’il n’envisageait pas de recourir à l’état d’urgence. Il a enfin promis des annonces fortes pour les lycéens, que le gouvernement doit détailler cet après-midi après la réunion de 14 h 30 à Matignon (ce qui est sur la table pour les lycéens).
Le précédent du 24 octobre
Le précédent du 24 octobre donne une idée de ce qui attend les manifestants. À Paris, la préfecture de police avait modifié le parcours la veille au soir : prévu entre Bastille et Nation, le cortège était finalement parti de la porte d’Italie pour rejoindre la porte de Vincennes, en lisière de la capitale. L’intersyndicale avait dénoncé ce changement de dernière minute. Ce jour-là, la mobilisation avait réuni 410 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur et 800 000 selon la CGT (notre bilan du 24 octobre).
Les arrêtés publiés par chaque préfecture avant la journée restent la seule référence fiable : à Paris, celui du 30 octobre est détaillé plus haut.
Mise à jour du jeudi 29 octobre : Bastille-Nation refusé, l’intersyndicale saisit le juge des référés
À Paris, l’intersyndicale Île-de-France (CGT, FO, FSU et Solidaires Île-de-France, Fage, Union étudiante et Unef) avait déclaré un cortège entre la place de la Bastille et la place de la Nation. Reçue mercredi 28 octobre à 16 heures par la préfecture de police, elle indique, dans un communiqué cité par L’Humanité, que ce parcours lui a été refusé et qu’on lui a confirmé une interdiction générale de manifester dans le centre de Paris. À la place, la préfecture propose un tracé entre la porte de Bagnolet (20e) et la porte de Charenton (12e), en lisière de la capitale, que les syndicats refusent.
Ce refus n’a été donné qu’oralement. « On attend toujours un arrêté officiel qui interdit partiellement notre manifestation », a déclaré Karl Ghazi, cosecrétaire général de la CGT Paris, au Parisien, propos repris par RTL. Pour ne pas revivre le 24 octobre, quand l’arrêté était tombé trop tard pour être contesté, les sept organisations ont attaqué la préfecture de police en référé jeudi 29 octobre. Elles demandent que l’arrêté d’interdiction partielle soit publié « au plus vite », pour avoir le temps de le contester devant le tribunal, selon franceinfo et l’AFP. La date de l’audience et la décision du juge n’étaient pas connues jeudi soir.
Le parcours des gilets jaunes (départ à 14 heures de la Bastille, arrivée à la Concorde) n’avait toujours pas reçu de réponse publique jeudi soir. Il « risque d’être retoqué », note RTL. L’organisation étudiante Interfac IDF appelle pourtant à défiler avec eux depuis la Bastille, « sans négociations avec la préfecture ». Ailleurs, la règle des cortèges hors des centres-villes s’applique déjà : à Lyon, la préfecture du Rhône a validé un parcours de la Manufacture des Tabacs à Jean-Macé, hors de l’hypercentre, rapporte Le Parisien.
Ce qui est déjà interdit à Paris : selon un arrêté de la préfecture de police cité par l’AFP, tout rassemblement non déclaré est interdit de vendredi 20 heures à lundi 6 heures dans plusieurs secteurs, dont l’Élysée, l’Assemblée nationale, les Champs-Élysées et les gares. Cela concerne directement le sit-in prévu par les gilets jaunes face à l’Assemblée. Le même arrêté instaure un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés, de 21 heures à 6 heures. Pour la soirée d’Halloween, le dispositif de 70 000 policiers et gendarmes et l’alerte du ministre sur les violences urbaines sont détaillés dans notre article sur les craintes de Laurent Nuñez pour samedi soir.
Mise à jour : les gilets jaunes déclarent un parcours dans le centre de Paris
Mardi 27 octobre, la coordination des gilets jaunes a indiqué avoir déclaré à la préfecture de police un parcours passant par le centre de Paris, selon franceinfo, qui confirme une information du Parisien. Le cortège partirait à 14 heures de la place de la Bastille, passerait par la place de la République, les grands boulevards et l’Opéra, puis rejoindrait la place de la Concorde et l’Assemblée nationale.
Ce tracé va à l’encontre de l’annonce d’Emmanuel Macron de cortèges « hors des centres-villes ». La déclaration a été reçue par la préfecture, mais aucune décision n’était connue mardi, précise Sortir à Paris. La coordination menace de porter plainte pour atteinte à la liberté de manifester en cas de refus. Une « casserolade » est aussi annoncée vendredi 30 octobre de 18 heures à 21 heures devant l’Assemblée nationale.
Le porte-parole de la coordination, Benjamin Ball, prévoit de terminer par un « grand sitting » face à l’Assemblée nationale et d’y préparer une grève « générale reconductible » les 5, 6 et 7 novembre, selon France 3 Paris Île-de-France. Si le tracé n’est pas autorisé, l’avocat de la coordination, David Libeskind, annonce un référé en urgence devant le tribunal administratif. Contactée mardi par ICI Paris Île-de-France, la préfecture de police n’avait pas réagi.
Ce que ça change pour vous : tant que la préfecture ne s’est pas prononcée, ce parcours n’est qu’une demande. Si vous devez circuler samedi dans ces quartiers, vérifiez l’arrêté de la préfecture de police, publié en général dans les jours précédant la manifestation.
Ce qui est confirmé, ce qui ne l’est pas
| Confirmé | Pas encore connu |
|---|---|
| À Paris, l’arrêté du 30 octobre : Bastille-Nation et Bastille-Concorde interdits, rassemblement de 12 h à 18 h de la porte de Bagnolet à la porte de Charenton, départ à 14 h | Une éventuelle décision du juge des référés sur le parcours : aucune n’était publiée lors de notre mise à jour du 30 octobre |
| Le couvre-feu pour tous à République et à Châtelet-Les Halles (23 h-6 h, nuits du 31 octobre et du 1er novembre) et environ 70 000 policiers et gendarmes mobilisés en France | Le nombre de manifestants attendus : aucun chiffre officiel n’est publié |
| La grève interprofessionnelle du 5 novembre, et à Paris l’interdiction des rassemblements non déclarés (Élysée, Assemblée, Champs-Élysées, gares) et le couvre-feu des mineurs, de vendredi soir à lundi 6 heures | Les fermetures de stations de métro ou de commerces, comme le 24 octobre |
Ce qu’Ouelen a vérifié
Le parcours, les horaires et les secteurs du couvre-feu ont été recoupés le 30 octobre dans La Croix, franceinfo (qui citent l’arrêté de la préfecture de police) et Sortir à Paris (qui donne le numéro de l’arrêté). Les reports de matchs viennent de la Ligue nationale de rugby, citée par Le Figaro et L’Équipe. Le chiffre de 70 000 forces de l’ordre est celui annoncé par le ministre de l’Intérieur, rapporté par TF1info. Les sections plus bas, datées, retracent ce qui était connu avant l’arrêté.
Les commerçants parisiens aidés
Après deux week-ends de mobilisation, la Ville de Paris a annoncé ce lundi un guichet unique avec un numéro de téléphone pour les commerçants touchés, une exonération des droits de terrasse pour ceux qui ont subi des dégâts et une exonération des emprises de chantier le temps des réparations, a indiqué la première adjointe Lamia El Aaraje sur ICI Paris Île-de-France, citée par franceinfo. La mairie demande aussi à l’État d’accélérer l’indemnisation par les assureurs. Selon la préfecture de police, 450 commerces avaient été dégradés à Paris le 17 octobre.
Sources : franceinfo (direct Macron à Marseille), BFMTV (prochaines dates), franceinfo (appel du 31 octobre), Capital, franceinfo (mesures de la Ville de Paris), L’Humanité (refus du parcours de l’intersyndicale), franceinfo (référé de l’intersyndicale), Le Parisien (référé), RTL (arrêté et parcours), Le Parisien (Lyon et autres villes), Le Monde, La Croix (arrêté du 30 octobre), franceinfo (parcours interdits), Sortir à Paris (couvre-feu), RMC, 20 Minutes, TF1info, Le Figaro (Top 14), L’Équipe, ICI Besançon.
Photo d’illustration : Jazzzmatazzz / Wikimedia Commons, licence CC BY 3.0.



















