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Royaume-Uni : croissance et chômage, pourquoi son économie résiste mieux que la France

Les tours du quartier financier de la City de Londres, au Royaume-Uni
Photo : M R Karim Reza / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

L’économie britannique résiste mieux que prévu : son PIB a progressé de 0,7 % sur les trois mois à fin août 2026 et son chômage est redescendu à 4,7 %, selon l’office statistique britannique (ONS), quand la France a vu son PIB reculer de 0,1 % au troisième trimestre. Le FMI a relevé sa prévision de croissance pour le Royaume-Uni à 1,3 % en 2026, contre 0,4 % pour la France, rapporte BFMTV.

Le contraste fait parler des deux côtés de la Manche. Que disent vraiment les chiffres officiels, d’où vient cette résistance, et que faut-il en retenir pour la France ? Le point, chiffres à la source.

Royaume-Uni contre France : les chiffres comparés

  • Croissance 2026 prévue par le FMI : 1,3 % au Royaume-Uni (+0,3 point, selon BFMTV), 0,4 % en France (−0,2 point, selon franceinfo).
  • Dernier chiffre trimestriel : +0,7 % sur les trois mois à fin août au Royaume-Uni (ONS) ; −0,1 % au 3e trimestre en France (notre article).
  • Sur un an : +1,8 % sur les trois mois à fin août au Royaume-Uni, du jamais vu depuis 2022 (ONS).
  • Chômage : 4,7 % au Royaume-Uni sur juin-août, en baisse de 0,1 point (ONS).
  • Prévision 2027 : revue en baisse à 1 % au Royaume-Uni (FMI et gouvernement, selon BFMTV) ; 0,7 % en France (FMI, selon franceinfo).

Ce que disent les chiffres officiels britanniques

Selon le dernier bulletin mensuel du PIB de l’ONS, la croissance a été de 0,1 % en août, après 0,4 % en juillet et 0,4 % en juin (révisé en hausse). Sur trois mois, le PIB a progressé de 0,7 %, la huitième hausse trimestrielle d’affilée. L’essentiel vient des services, en hausse de 0,9 % sur la période, alors que la construction et l’industrie ont reculé.

Sur un an, la croissance atteint 1,8 % sur les trois mois à fin août : il faut remonter à l’automne 2022 pour trouver mieux, précise l’ONS. Un chiffre à relativiser toutefois : sur le seul mois d’août, les services n’ont pas progressé du tout.

L’emploi : un chômage en baisse, mais des embauches qui stagnent

Le bulletin sur le marché du travail de l’ONS donne un taux de chômage de 4,7 % sur juin-août, en baisse de 0,1 point sur un an comme sur le trimestre. Le tableau est moins flatteur côté salariés : l’ONS compte 111 000 salariés de moins sur un an en août, et sa première estimation pour septembre montre encore un recul de 66 000 sur un an, malgré une légère hausse de 13 000 sur le mois.

Pourquoi le FMI félicite Londres et met la France en garde

La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a salué les mesures prises par le Royaume-Uni pour assainir ses comptes, tout en appelant la France à « mettre de l’ordre dans ses affaires », rapporte BFMTV. La situation de départ est pourtant proche : selon la chaîne, la dette britannique dépassait 102 % du PIB fin 2025, avec un déficit de 5,4 %. La différence, selon le FMI, tient à l’existence d’un plan de réduction du déficit jugé crédible.

Côté français, les signaux restent mauvais : l’agence Fitch a maintenu une perspective négative sur la note de la France (notre article), et le budget 2027 est toujours en discussion au Parlement (ce qui a déjà été voté).

D’où vient la résistance britannique

Plusieurs explications circulent, à prendre comme des analyses et non comme des certitudes. Selon le Financial Times, cité par BFMTV, beaucoup d’entreprises britanniques avaient déjà réduit leur endettement et constitué des réserves, ce qui les a aidées à encaisser le choc de la guerre au Moyen-Orient. Certains économistes avancent aussi l’effet de l’intelligence artificielle ; l’ONS reconnaît un lien avec l’accélération de l’activité, sans pouvoir le chiffrer, selon l’OFCE cité par BFMTV.

Sur longue période, une note de la Direction générale du Trésor citée par BFMTV indique une croissance moyenne de 1,5 % par an au Royaume-Uni entre 2000 et 2024, contre 1,2 % en France, un écart attribué à la démographie et au solde migratoire.

Ce que ça change pour vous

Directement, rien sur votre portefeuille. Mais l’écart compte pour la France : une croissance faible rend plus difficile la réduction du déficit, pèse sur l’emploi et sur le coût de la dette, que les ménages finissent par payer via les impôts ou les dépenses publiques. L’inflation reste aussi un sujet des deux côtés de la Manche : 3,5 % en septembre au Royaume-Uni selon BFMTV, 3,4 % sur un an en octobre en France (notre article).

À noter : la prévision britannique pour 2027 a été revue en baisse, à 1 %, selon BFMTV. L’écart avec la France pourrait donc se réduire l’an prochain.

Ce qu’Ouelen a vérifié : nous avons contrôlé sur les bulletins officiels de l’ONS les chiffres de croissance (0,1 % en août, 0,7 % sur trois mois, 1,8 % sur un an) et de chômage (4,7 %). La prévision du FMI pour la France (0,4 %) est confirmée par franceinfo ; celle pour le Royaume-Uni (1,3 %), le chiffre de l’OBR (1,2 %), la dette, le déficit et l’inflation britanniques sont rapportés par BFMTV et n’ont pas pu être recoupés sur une source officielle.

Sources : ONS, PIB mensuel, ONS, marché du travail, BFMTV, franceinfo.

Photo d’illustration : M R Karim Reza / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.

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