Quatre-vingts salariés du réparateur de pare-brise Glass Express perdent leur emploi à partir de ce lundi 2 novembre 2026 à Évreux (Eure) et Gravigny. Le tribunal de commerce d’Évreux a rejeté le jeudi 29 octobre l’unique offre de reprise de Glass Express France, en liquidation judiciaire depuis septembre, portée par son propre fondateur, Samuel Brigantino.
Les chiffres clés
- 80 licenciements : 40 au siège d’Évreux (finances et ressources humaines) et 40 sur la plateforme de Gravigny.
- Accompagnement : un contrat de sécurisation professionnelle (CSP) est mis en place.
- Dette : 3 à 4 millions d’euros pour la holding, selon le dirigeant, qui affirme que les assureurs doivent environ 15 millions d’euros au groupe.
- Ce qui continue : les plateformes régionales d’Arras, Rennes, Tours et Troyes, hors liquidation.
Ce qu’a décidé le tribunal
Placée en redressement judiciaire fin avril, puis en liquidation judiciaire le 10 septembre avec un maintien d’activité jusqu’au 2 novembre, Glass Express France avait reçu une seule offre : celle de Samuel Brigantino, via une nouvelle structure baptisée France Glass Automotiv, qui proposait de reprendre 80 salariés. Selon ici Normandie, le mandataire judiciaire et le comité social et économique avaient donné un avis favorable, avec le soutien de la Fédération française de la carrosserie. Le tribunal l’a pourtant écartée, en raison, d’après le dirigeant, des dettes et d’un manque de perspectives.
« Je suis choqué », a réagi Samuel Brigantino auprès de la radio, en évoquant les répercussions sociales. La holding prévoit de vendre plusieurs bâtiments, situés pour l’essentiel en Normandie, pour rembourser ses créanciers.
Un conflit ouvert avec les assureurs
Créée en 2013 avec deux salariés, l’entreprise était devenue une ETI d’environ 250 personnes, avec un chiffre d’affaires passé de 20 millions d’euros en 2024 à 27 millions en 2025, selon Actu.fr. Son dirigeant attribue ses difficultés aux retards de paiement des compagnies d’assurances : avec la cession de créance, le client n’avance pas les frais et le réparateur se fait rembourser directement par l’assureur. Ces impayés auraient atteint 15 millions d’euros début 2026, selon lui.
Glass Express accuse les assureurs d’orienter leurs clients vers les réseaux agréés. Selon Actu.fr, Carglass, France Pare-Brise et Mondial Pare-Brise représentent ensemble près de 75 % du marché français. Samuel Brigantino avait saisi l’Autorité de la concurrence en janvier ; une enquête nationale a été ouverte en septembre.
Ce que ça change pour les clients
Seule la société Glass Express France, qui assurait les fonctions support, ferme. Les cinq plateformes régionales n’étaient pas concernées par la liquidation selon Actu.fr, même si la plateforme normande de Gravigny voit ses 40 postes supprimés selon ici Normandie. « Dans les autres régions de France, ça continue », affirme le dirigeant. Un client ayant un rendez-vous ou une réparation en cours a intérêt à contacter directement son centre et son assureur pour vérifier la prise en charge.
Chronologie
- 2013 : création de Glass Express à Évreux.
- Janvier 2026 : plainte devant l’Autorité de la concurrence.
- 30 avril : redressement judiciaire.
- 10 septembre : liquidation de Glass Express France ; enquête de l’Autorité de la concurrence ouverte ce mois-là.
- 22 octobre : audience sur l’offre de reprise.
- 29 octobre : offre rejetée.
- 2 novembre : fin de l’activité et licenciements.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Le rejet de l’offre et le nombre de licenciements sont rapportés de façon concordante par ici Normandie, Actu.fr et Paris Normandie. Les montants des créances sur les assureurs sont avancés par le dirigeant et n’ont pas été confirmés par les assureurs cités.
Sources : ici Normandie, Actu.fr, Paris Normandie.
Photo d’illustration : Bärbel Miemietz / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.
