L’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, a signalé à la justice des propos tenus par Éric Zemmour le 18 octobre sur LCI, BFMTV et CNews, qu’elle estime susceptibles de relever de l’appel à la discrimination. Son président, Martin Ajdari, l’a annoncé mardi 3 novembre sur France Inter, en précisant que le signalement avait été fait la semaine précédente.
Ce qu’a dit le président de l’Arcom
En tant qu’autorité publique, l’Arcom peut signaler aux procureurs de la République des propos qui lui paraissent contraires à la loi, a expliqué Martin Ajdari, cité par franceinfo. Une telle saisine, « ce n’est pas inédit mais c’est relativement rare », a-t-il ajouté. Sans citer les passages en cause, il a indiqué que leur répétition et leur proximité sur plusieurs antennes avaient justifié la démarche.
Les propos visés ont été tenus au lendemain des violences du 17 octobre. Selon franceinfo, le candidat de Reconquête à la présidentielle avait employé sur ces trois chaînes des expressions généralisantes visant les personnes d’origine maghrébine, africaine ou musulmane, et appelé à la « remigration ». Éric Zemmour n’a pas été mis en cause par la justice à ce stade : c’est au parquet de décider des suites à donner. Il reste présumé innocent.
Pas de prise de position sur la responsabilité des médias
Martin Ajdari a été interrogé sur les accusations du maire de Trappes, qui reproche à certains médias d’avoir une responsabilité dans l’attentat raciste du 23 octobre dans les Yvelines. Le régulateur « n’a pas à se prononcer » sur ce point, qui relève selon lui du débat politique. L’Arcom vérifie si les programmes respectent les obligations légales et conventionnelles des chaînes, au cas par cas et sur des propos précis, et non sur une « ambiance », a-t-il expliqué. Il a assuré que l’Arcom sanctionnait « régulièrement » quand le cadre légal était dépassé.
Ce qu’Ouelen a vérifié
- Confirmé : le signalement à la justice par l’Arcom, annoncé par son président sur France Inter (franceinfo).
- Confirmé : les propos visés ont été tenus le 18 octobre sur LCI, BFMTV et CNews.
- Non connu : le parquet saisi et les suites judiciaires. Aucune procédure contre Éric Zemmour n’a été annoncée à ce stade.
- Choix éditorial : Ouelen ne reproduit pas les expressions en cause.
Ce que ça peut changer
Un signalement n’est pas une condamnation : le parquet peut classer l’affaire, ouvrir une enquête ou engager des poursuites. Côté chaînes, l’Arcom dispose de ses propres outils de sanction. Le rôle de CNews fait par ailleurs l’objet d’un débat à l’Assemblée nationale.
Sources : franceinfo, France Inter.
Photo d’illustration : Celette / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.
