Le sommet entre l’Union européenne et le Canada s’ouvre ce jeudi 29 octobre à Montréal, pour deux jours, sans le statut de « membre associé » que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait proposé d’offrir au Canada en septembre. Selon plusieurs sources citées par la presse canadienne, le terme a été retiré du projet de déclaration commune attendu vendredi. Le premier ministre canadien Mark Carney accueille Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen, António Costa.
Pourquoi le « membre associé » a disparu
L’idée avait surpris en septembre, lors du discours annuel de la présidente de la Commission devant le Parlement européen : faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, un statut qui n’existe dans aucun traité. D’après Radio-Canada et CBC, plusieurs pays européens y étaient hostiles, et l’Allemagne en aurait fait une « ligne rouge ». Le texte parlerait désormais d’une association toujours plus étroite.
Ottawa n’en fait pas un drame. « Les noms ou la terminologie employés importent peu. Ce qui compte, c’est l’incidence concrète », a déclaré Mark Carney mardi, selon La Presse. Le gouvernement canadien, qui n’avait jamais réclamé ce statut, préfère parler d’une « Alliance pour l’avenir ». Ursula von der Leyen a pourtant de nouveau employé l’expression « membre associé » sur X en arrivant à Montréal.
Confirmé / pas confirmé
- Confirmé : le sommet se tient jeudi et vendredi à Montréal, avec Mark Carney, Ursula von der Leyen et António Costa, et huit ministres canadiens.
- Rapporté par des sources, pas encore officiel : l’absence du terme « membre associé » dans la déclaration finale. Radio-Canada précise que le document est un brouillon, qui peut encore évoluer d’ici vendredi.
- Sur la table : minerais critiques, gaz naturel liquéfié pour l’Europe, accès des jeunes Canadiens à Erasmus+, reconnaissance mutuelle des qualifications.
- Points de friction : la taxe carbone européenne aux frontières et le règlement européen sur la déforestation, qui pénalise les produits forestiers canadiens.
Ce que ça change pour la France
Le sommet remet en lumière un dossier très français : l’accord de libre-échange UE-Canada, le CETA (AECG au Canada), conclu en 2016. Neuf pays ne l’ont toujours pas ratifié, dont la France, la Belgique et l’Italie, notamment en raison de l’opposition du monde agricole, rappelle Radio-Canada. L’essentiel de l’accord s’applique pourtant déjà, car il relève de la compétence de l’UE. Selon La Presse, l’ambassadeur du Canada auprès de l’UE, Jonathan Wilkinson, espère que ce rapprochement accélère les ratifications. Aucune annonce en ce sens n’est confirmée côté français.
Pour les étudiants, l’accès des jeunes Canadiens à Erasmus+ et une reconnaissance des diplômes et qualifications pourraient faciliter les échanges et la mobilité professionnelle dans les deux sens. Le détail dépendra du texte signé vendredi.
Le contexte
Ce rapprochement s’explique largement par la guerre commerciale lancée par Donald Trump contre ses partenaires, y compris le Canada. Selon Le Devoir, un haut responsable canadien a précisé qu’un engagement financier ne serait nécessaire que si l’une des parties rejoint un programme précis de l’autre.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Le retrait du terme « membre associé » repose sur des sources anonymes citées par Radio-Canada, CBC et La Presse : il ne sera confirmé qu’à la publication de la déclaration commune vendredi. La liste des pays n’ayant pas ratifié le CETA est celle publiée par La Presse.
Sources : La Presse, Radio-Canada, Le Devoir.
Photo d’illustration : Taxiarchos228 / Wikimedia Commons, licence CC BY 3.0.


















