Grenades et gaz lacrymogène resteront dans l’arsenal des forces de l’ordre : le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a affirmé lundi 2 novembre devant la commission des Lois de l’Assemblée qu’il ne renoncerait à aucun moyen intermédiaire. Il est de nouveau entendu ce mardi 3 novembre, cette fois par la commission d’enquête consacrée à sa gestion du maintien de l’ordre le 17 octobre.
L’essentiel
- Où : audition du ministre lundi, en commission des Lois, sur le budget 2027 de l’Intérieur.
- Ce qu’il refuse : abandonner les grenades ou suspendre le gaz lacrymogène par principe de précaution.
- Son argument : les policiers doivent pouvoir se défendre quand ils sont pris à partie.
- Ce mardi : audition devant la commission d’enquête sur les violences du 17 octobre.
Ce que les députés lui demandaient
Plusieurs élus ont réclamé l’abandon des grenades, après les blessures graves subies par des lycéens pendant le mouvement de mobilisation. Face à la députée LFI Gabrielle Cathala, qui dénonçait une répression policière, le ministre a répondu que la répression n’existe pas et que son rôle est d’éviter les troubles à l’ordre public, selon La Nouvelle République. Il a assuré n’intervenir qu’en cas de violences, citant les vitrines brisées, les attaques contre les forces de l’ordre et les cocktails Molotov.
Le gaz lacrymogène en question
Des députés l’ont interrogé sur les effets du gaz lacrymogène, notamment chez des femmes qui ont fait état de troubles menstruels après des manifestations. Le ministre a répondu ne pas avoir connaissance d’un caractère nocif, en s’appuyant sur des études menées en 2021-2022 qui, selon lui, n’ont pas constaté d’atteintes et montrent que les effets disparaissent rapidement. Il en conclut qu’il ne suspendra pas son usage, détaille Sud Ouest. Les études en question n’ont pas été rendues publiques à l’occasion de cette audition.
Laurent Nuñez a aussi appelé chacun à retrouver la volonté de vivre ensemble d’ici à l’élection présidentielle, dans six mois.
Ce qui l’attend ce mardi
La commission d’enquête créée après la journée du 17 octobre doit l’interroger sur les choix opérationnels de ce jour-là. La mobilisation contre la vie chère avait donné lieu à des dégradations, violences et pillages d’une ampleur inédite. Le ministre avait déjà reconnu une perte de contrôle (relire notre article). Le climat reste tendu : de nouveaux blocages de lycées et d’universités sont annoncés ce mardi et jeudi (ce qui est prévu).
Ce qu’Ouelen a vérifié
- Confirmé : les déclarations du ministre lundi en commission des Lois, rapportées dans les mêmes termes par La Nouvelle République et Sud Ouest (AFP).
- Confirmé : son audition ce mardi par la commission d’enquête sur le 17 octobre.
- Pas vérifiable à ce stade : le contenu des études 2021-2022 citées par le ministre, qui n’ont pas été publiées lors de l’audition.
Sources : La Nouvelle République (AFP), Sud Ouest.
Photo d’illustration : DHSgov / Wikimedia Commons, licence Public domain.



















