À Orléans, la journée s’annonce sous haute surveillance. Alors que le Rassemblement national ouvre ce samedi 24 octobre son congrès au Zénith, le maire de la ville, Serge Grouard (divers droite), a annoncé dans la matinée un couvre-feu pour les mineurs de moins de 15 ans, sur toute la commune, pendant les deux prochaines nuits. Cette décision s’ajoute à un dispositif de sécurité exceptionnel, dans une ville où se croisent militants du RN et opposants venus de toute la France.
Que prévoit le couvre-feu ?
La mesure concerne les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi. Dans son communiqué, le maire la présente comme une « mesure préventive » destinée à éviter les troubles à l’ordre public et les débordements, dans un contexte de rassemblements annoncés. Les horaires précis figurent dans l’arrêté municipal affiché par la mairie. Plusieurs grandes villes, dont Marseille et Toulouse, avaient déjà recouru à ce type d’arrêté après les violences du 17 octobre.
Pourquoi le congrès du RN à Orléans est-il si sensible ?
Environ 5 000 militants et cadres sont attendus samedi après-midi au Zénith pour réélire Jordan Bardella, seul candidat à sa propre succession, et renouveler les instances du parti. Dimanche, Marine Le Pen doit tenir au Co’Met, une salle de 10 000 places, son premier grand meeting de candidate à l’élection présidentielle, après des discours d’Éric Ciotti et de Jordan Bardella. Le congrès arrive quelques jours après les perquisitions au Parlement européen visant l’ex-groupe du RN, à trois jours du congrès d’Orléans.
Face à lui, une cinquantaine d’organisations de gauche, syndicats et associations appellent à manifester « contre le racisme, le fascisme et l’impérialisme ». Le cortège part à 10 h 30 du parvis de la cathédrale Sainte-Croix, sur un parcours modifié pour éviter le centre historique. Le préfet du Loiret, Hugues Moutouh, attend entre 20 000 et 30 000 personnes. Olivier Faure (PS), Marine Tondelier (Les Écologistes), Sophie Binet (CGT) et le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, sont annoncés. Aucune manifestation n’a été autorisée dimanche.
Quel dispositif de sécurité ?
Selon les autorités, près de 3 000 policiers et gendarmes sont mobilisés, dont une quinzaine d’unités de forces mobiles, avec deux blindés Centaure, des lanceurs d’eau, des hélicoptères et des drones. Le préfet dit redouter la présence de « 2 000 à 3 000 éléments radicaux » liés à l’ultragauche. Ce déploiement s’ajoute aux 70 000 policiers et gendarmes mobilisés dans tout le pays pour les manifestations du 24 octobre.
Comment la ville s’est-elle préparée ?
Le centre d’Orléans a pris des allures de ville fermée : vitrines protégées par des panneaux de contreplaqué, commerces qui ont baissé le rideau pour le week-end, terrasses interdites. La mairie a fermé l’office de tourisme, la médiathèque, les musées, les parcs et jardins, et annulé plusieurs spectacles. Les trams sont à l’arrêt, la circulation et le stationnement sont interdits dans le cœur historique, y compris pour les vélos et deux-roues, sous peine de fourrière. Si vous habitez ou passez à Orléans ce week-end, vérifiez les arrêtés municipaux et l’état du réseau TAO avant de vous déplacer.
Sources : mairie d’Orléans, préfecture du Loiret, franceinfo, AFP.



















[…] sans heurts. Ce samedi 24 octobre à la mi-journée, la manifestation organisée contre le congrès du RN à Orléans rassemblait environ 11 000 personnes selon la préfecture du Loiret, et 26 000 selon les […]