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Collision de trains en Espagne : au moins 68 morts près de Tolède, ce qui est confirmé

Un train AVE de la Renfe et un train Iryo en gare de Séville-Santa Justa (photo d’illustration)
Photo : Jon Worth from Germany / Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0

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La collision de deux trains à grande vitesse près d’Urda, dans la province de Tolède, a fait au moins 68 morts ce mercredi 28 octobre, selon le dernier bilan des autorités relayé par la télévision publique espagnole RTVE, Euronews et l’agence AP. Un AVE de la compagnie publique Renfe et un train de l’opérateur privé Iryo sont entrés en collision à 8 h 54 sur la ligne Madrid-Andalousie, à environ 150 km au sud de Madrid. C’est la deuxième catastrophe ferroviaire meurtrière en Espagne cette année, et la plus grave dans le pays depuis l’accident de Saint-Jacques-de-Compostelle en juillet 2013 (80 morts), souligne BBC Mundo.

L’essentiel

  • Où et quand : au point kilométrique 118 de la ligne à grande vitesse Madrid-Andalousie, entre Mora, Orgaz et Urda, à 8 h 54.
  • Les trains : l’AVE 2080 de la Renfe, avec 397 passagers, et l’Iryo 6076, avec 147 passagers, selon la porte-parole régionale Esther Padilla citée par El País.
  • Bilan officiel : au moins 68 morts (autorités, selon RTVE et Euronews). Au moins 53 personnes ont été hospitalisées, dont 15 dans un état très grave, selon le président régional. Le bilan pourrait encore s’alourdir.
  • Cause avancée par le gouvernement : une décision du centre de contrôle d’Adif de relancer la circulation après une panne du système de sécurité LZB (ministre des Transports).
  • Circulation : trains à grande vitesse suspendus entre Madrid, Ciudad Real et l’Andalousie. La Renfe permet de changer ou d’annuler gratuitement les billets concernés.

Que s’est-il passé ?

Selon les premiers éléments du ministère espagnol des Transports, relayés par l’agence EFE et repris par La Vérité, l’AVE aurait percuté par l’arrière le train Iryo. Deux voitures ont déraillé puis dévalé un talus le long de la voie. Les pompiers, la Protection civile, la Guardia Civil, trois hélicoptères sanitaires et des unités de soins intensifs mobiles ont été envoyés sur place. Les hôpitaux de Tolède et d’Alcázar de San Juan ont été mis en alerte pour accueillir les blessés.

Le bilan a été revu à la hausse toute la matinée : au moins 10 morts annoncés d’abord par la région, puis 30, puis 31 selon le dernier décompte relayé par CNews et Le Monde. Le gouvernement régional a déclenché dès 9 h 15 son plan d’urgence territorial, rappelle Toute l’Europe.

Ce qui est confirmé, ce qui ne l’est pas

  • Confirmé : l’heure (8 h 54), le lieu, les deux opérateurs (Renfe et Iryo), le nombre de passagers communiqué par la région (544 au total) et le bilan d’au moins 68 morts.
  • Bilans successifs : 10, puis 31, puis 64 et enfin 68 morts dans la journée. Le chiffre de 46 morts publié en fin de matinée par L’Indépendant , qui citait la Protection civile via la presse espagnole, n’était pas officiel à ce moment-là ; il a depuis été dépassé.
  • Piste évoquée dans la matinée : selon des sources d’Adif, le gestionnaire du réseau, citées par L’Indépendant, le train Iryo se serait arrêté près d’Urda pour une raison inconnue et un opérateur aurait ensuite autorisé l’AVE à franchir un signal fermé. Des sources gouvernementales parlent d’une erreur humaine au centre de contrôle comme première hypothèse. Le ministre des Transports a depuis livré sa version (voir ci-dessous), mais seule l’enquête pourra établir les responsabilités.

Les réactions

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, s’est dit consterné et dit suivre la situation avec le ministre des Transports, Óscar Puente, et le président de Castille-La Manche. Le roi Felipe VI a présenté ses condoléances aux familles. Emmanuel Macron a évoqué un « terrible drame ferroviaire » et assuré le peuple espagnol de la solidarité de la France. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dit que l’Europe était en deuil avec l’Espagne.

Neuf mois après Adamuz

Le 18 janvier 2026, près d’Adamuz, dans la province de Cordoue, un train avait déraillé et percuté un autre convoi, faisant 46 morts, rappelle Toute l’Europe. Selon L’Indépendant, cet accident s’était produit sur le même axe Madrid-Andalousie et l’enquête n’est toujours pas entièrement close.

Le réseau espagnol n’est pas pour autant plus accidentogène que le réseau français, selon les données d’Eurostat citées par Toute l’Europe : en 2024, l’Espagne a compté 57 accidents ferroviaires significatifs contre 140 en France. Rapporté à la distance parcourue, le taux est très proche : 0,275 accident par million de kilomètres-trains en Espagne, 0,292 en France.

Vous devez voyager en Espagne ?

  • La coupure touche les trains à grande vitesse entre Madrid, Ciudad Real et l’Andalousie (Cordoue, Séville, Malaga). Aucun calendrier de reprise n’a été annoncé.
  • Les billets Renfe concernés peuvent être modifiés ou annulés sans frais : renseignements sur renfe.com. Iryo publie ses communiqués sur iryo.eu.
  • La ligne Madrid-Barcelone, empruntée par les trains qui viennent de France, n’est pas sur cet axe. Les sources consultées ne signalent pas de coupure sur cette ligne.

Mise à jour : le ministre des Transports met en cause le centre de contrôle

Le bilan est passé à au moins 64 morts et 80 blessés en début d’après-midi, selon le gouvernement régional cité par CNews et franceinfo, puis à au moins 68 morts selon RTVE, Euronews et AP. Le président de Castille-La Manche, Emiliano García-Page, a prévenu qu’il pourrait encore s’alourdir, les secours n’ayant pas encore accédé au fond des voitures accidentées. Selon la délégation du gouvernement citée par franceinfo, sur les 64 premières victimes recensées, 40 voyageaient dans le train Iryo et 24 dans l’AVE.

Vers 15 heures, le ministre des Transports, Óscar Puente, a expliqué que le système de sécurité LZB était tombé en panne vers 8 h 30, à la suite d’une défaillance de communication de trois ordinateurs sur un tronçon de 63 kilomètres, rapporte RTVE. Le centre de contrôle d’Adif a ensuite décidé de relancer la circulation alors qu’un train était arrêté et qu’un signal rouge était allumé à l’entrée de la gare d’Urda. Le ministre juge cette décision « inexplicable » et y voit « l’origine de l’accident ». L’enquête doit encore le confirmer.

L’Andalousie, où se rendaient les deux trains, a décrété trois jours de deuil officiel, du mercredi 28 octobre à 14 heures au samedi 31 octobre à 14 heures, a annoncé son président, Juanma Moreno. Des points d’accueil pour les familles ont été ouverts à Séville, Madrid et Tolède.

Ce qu’Ouelen a vérifié

Nous avons comparé les bilans successifs publiés par Le Monde, CNews, Toute l’Europe, La Vérité et L’Indépendant, et n’avons retenu que les bilans annoncés par les autorités. Le dernier, au moins 68 morts, est donné à la fois par RTVE, Euronews et AP. Les explications du ministre des Transports sont rapportées par RTVE ; elles restent sa version, en attendant les conclusions de l’enquête. Cet article sera mis à jour si le bilan officiel évolue.

Sources : RTVE, Euronews, AP, franceinfo, CNews, BBC Mundo, CNews (AFP), 28 octobre 2026, Le Monde, Toute l’Europe, La Vérité (EFE), L’Indépendant, El País, Eurostat.

Photo d’illustration : Jon Worth from Germany / Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0.