À deux jours de la nouvelle journée de mobilisation du samedi 24 octobre, le préfet de police de Paris a écrit aux commerçants de la capitale. Dans ce courrier envoyé mercredi soir, révélé jeudi matin par franceinfo, Patrice Faure les invite à prendre leurs précautions avant les manifestations lycéennes et contre la vie chère prévues ces prochains jours.
« Il ne peut garantir à lui seul la protection de chaque établissement »
Le préfet annonce un dispositif de maintien de l’ordre renforcé, mais admet qu’il ne suffira pas à protéger chaque commerce. Il demande donc aux acteurs économiques situés sur le futur parcours des cortèges, qui n’est pas encore connu, de renforcer eux-mêmes leur sécurité. Ses recommandations sont très concrètes :
- faire appel à des agents de sécurité privée ;
- vérifier le bon fonctionnement des alarmes et de la vidéoprotection ;
- baisser les rideaux métalliques, protéger les vitrines et rentrer les terrasses ;
- mettre à l’abri tout objet pouvant servir de projectile ou alimenter une barricade ;
- avancer l’heure de fermeture, voire ne pas ouvrir pendant la manifestation et la soirée qui suit.
En cas de troubles, la consigne est simple : rester à l’intérieur, ne pas s’interposer et appeler le 17. Le préfet assure que policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers seront pleinement mobilisés pour protéger les Parisiens et leurs commerces.
Une manifestation étudiante interdite ce jeudi
La préfecture de police a par ailleurs pris mercredi un arrêté interdisant la manifestation déclarée par Interfac IDF ce jeudi à Paris, estimant l’organisateur incapable d’éviter les exactions observées lors des rassemblements précédents. Des lycéens et étudiants appellent pourtant à manifester dans plusieurs villes, en pleines vacances scolaires.
Des commerçants déjà décidés à baisser le rideau
Le message rejoint l’inquiétude des professionnels. Entre 2 000 et 3 000 commerces ont été pillés ou dégradés le week-end dernier en France, selon l’AFP, et le président de la Confédération des commerçants de France, Pierre Bosche, décrit une inquiétude maximale. Beaucoup ont déjà prévu de rester fermés samedi, entre le risque de perdre une journée de chiffre d’affaires et celui de perdre leur boutique.
Pour ceux qui ont été touchés le 17 octobre, l’État a ouvert un prêt à taux zéro jusqu’à 50 000 euros, détaillé dans notre article sur les aides aux commerces pillés. Les mesures de sécurité prévues samedi, dont le recours à des militaires de l’opération Sentinelle, sont présentées dans notre article sur l’« acte II » du 24 octobre.
Ce que cela change pour les clients
Concrètement, les Parisiens doivent s’attendre samedi à des fermetures anticipées et à des rideaux baissés sur les axes susceptibles d’accueillir les cortèges, notamment autour des places de la République et de Clichy, où avait défilé la manifestation du 17 octobre. Mieux vaut avancer ses courses et vérifier les horaires des commerces avant de se déplacer.
Sources : franceinfo (courrier du préfet de police consulté par la rédaction), Sud Ouest avec AFP.






